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Euro faible : quel impact pour les actions européennes ?

Le marché des actions européennes connaît une belle progression depuis le début de l’année. La faiblesse de l’euro alimente l’optimisme des investisseurs et permet aux entreprises de publier des résultats en hausse dans un marché actions en ébullition. L’Europe ex-UK est ainsi devenue la 2ème zone géographique la plus performante en 2015, derrière le très florissant marché des actions A chinoises [1].

Chez Comgest, ni la baisse de l’euro ni la reprise conjoncturelle n’influencent notre sélection de titres. Celle-ci repose sur la recherche d’entreprises offrant une croissance visible via des avantages compétitifs durables. Le mouvement des monnaies, lié par nature à des facteurs macro-économiques, nous semble difficilement prévisible. C’est peut-être un moyen d’investir à court terme, mais cela ne permet pas de sélectionner les bonnes sociétés à long terme.

La croissance organique, qui exclut les effets de change, nous semble en revanche un bien meilleur indicateur. Celle-ci a d’ailleurs contribué très régulièrement aux performances de notre Sicav européenne. Comptant pour plus de la moitié de la croissance des bénéfices par action de nos portefeuilles, elle en est un moteur principal.

La performance de Comgest qui, sur 25 ans a réalisé une croissance à deux chiffres des bénéfices par action, prouve que l’approche « qualité croissance » permet dans le temps de neutraliser les effets devises.

Au cours des 50 dernières années, des pays comme l’Allemagne, le Japon et la Suisse, par exemple, ont réussi à préserver et même souvent à étendre leur leadership (notamment dans l’automobile ou l’horlogerie) malgré parfois de longues périodes d’appréciation de leur devise. À l’inverse, d’autres nations telles que la Grande-Bretagne, l’Italie, la France ou même dans une certaine mesure les EtatsUnis, ont subi une érosion graduelle de leur puissance industrielle, malgré la dépréciation de leur monnaie. Ces faits démontrent que l’appréciation seule de la monnaie n’a que peu d’impact sur la compétitivité. L’inverse semble vrai également.

La faiblesse de l’euro a conduit à une amélioration à court terme des publications. Au cours du dernier mois, l’ampleur des révisions à la hausse des résultats en Europe ex-UK n’a été dépassée que par le Japon. C’est un stimulant bienvenu pour la croissance des bénéfices en Europe qui est restée en stagnation au cours des 10 dernières années. En période de faible hausse des bénéfices, la dynamique créée par la baisse de l’euro a sans surprise été bien accueillie par le marché.

Attention cependant à ne pas prendre cette dépréciation de la monnaie pour ce qu’elle n’est pas – une stimulation à long terme de la compétitivité des entreprises européennes, confusion que la hausse de 13.5% du MSCI Europe ex-UK depuis le début de l’année pourrait laisser craindre [2].

Pour un investisseur de long terme, s’exposer aux actions européennes en misant sur une faiblesse prolongée de l’euro nous semble une position bien fragile.

Depuis le début de l’année, le portefeuille de Renaissance Europe a également bénéficié de ce phénomène. Si la performance boursière depuis le 1er janvier est en ligne avec l’indice, la performance opérationnelle des sociétés en portefeuille a été bien meilleure : les chiffres d’affaires publiés ont augmenté de 15.6% et les ventes organiques sont en hausse de 6.4% [3].

Chez Comgest, nous ne comptons jamais sur des facteurs exogènes tels que la devise ou les tendances macroéconomiques pour générer des performances. Les entreprises dans lesquelles nous investissons bénéficient d’un avantage compétitif durable, gage d’une bonne visibilité.

Inditex dans le secteur de la distribution à bas prix, ARM pour la commercialisation des processeurs d’applications mobiles ou encore Essilor pour l’innovation dans les verres de lunettes en sont quelques exemples. Nous restons convaincus que cette croissance des bénéfices à long terme est la base la plus solide pour générer une performance à long terme.

Next Finance , Juin 2015

Notes

[1] Performance en monnaie locale au 1/6/2015 de 13.5% pour le MSCI Europe ex-UK.

[2] Performance en monnaie locale au 1/6/2015

[3] Chiffres calculés par Comgest à partir de sa base de données.

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