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Euphorie à Wall Street, espoirs d’un « quantitative easing » en Europe

Wall Street n’a prêté que peu d’attention à la révision de la croissance du PIB américain pour le premier trimestre, qui a fléchi de 1% (contre +0,1% initialement attendu). Là où les indices européens manquent d’entrain – les investisseurs du Vieux Continent optent pour la prudence avant la réunion décisive de la Banque Centrale Européenne du 5 juin – la Bourse américaine est bercée d’euphorie.

L’indice S&P 500 vient de pulvériser de nouveaux records absolus, à plus de 1 920 points. Ce nouveau cap a été franchi grâce au positivisme des intervenants de marché. La reprise des fusions et acquisitions, en témoigne les opérations réalisées ces derniers mois (opération Verizon/Vodafone, avec le rachat par le premier des parts du second dans leur société commune Verizon Wireless, rachat de Nokia par Microsoft, rachat de Zite par Flipboard…) ou en train de l’être (Rachat de Beats Electronics par Apple), la bonne santé des entreprises américaines dont les résultats sont bien orientés et la baisse structurelle du chômage sont autant de signaux confortant la confiance des investisseurs. Le coup de frein passager du PIB au premier trimestre est perçu comme une parenthèse qui n’érodera pas la robustesse de la reprise économique américaine.

Résultat, de nombreuses valeurs ont bénéficié d’une hausse soutenue ces derniers jours : c’est le cas de Trip Advisor, Netflix, Facebook, American Express, Intel ou Visa, qui figurent parmi les meilleures performances de la cote américaine sur les cinq dernières séances.

Concernant le secteur technologique, la correction du 15 mai dernier a été rapidement effacée. L’indice Nasdaq a rebondi de 4,4% depuis ce mouvement de déstabilisation causé, en grande partie, par l’absence de visibilité sur les valorisations (excessives) de nombreux titres du secteur. L’indice culmine aujourd’hui à près de 4 250 points, un pic de deux mois.

Marchés européens : statut quo en attendant le nouveau dispositif monétaire de la BCE…

Du côté de la zone euro, l’attentisme domine. Les marchés attendent une décision forte de la part de la BCE à l’occasion de sa réunion mensuelle jeudi prochain.

L’idée d’un « quantitative easing » à l’européenne, c’est-à-dire la possibilité de racheter massivement des titres obligataires souverains, a fait son chemin et les investisseurs n’en attendent pas moins.

A minima, le passage à des taux négatifs est une mesure envisagée, mais il faut dire que sans autre innovation « non-conventionnelle », celle-ci ne suffira pas à satisfaire les marchés. La nature et l’ampleur du dispositif monétaire qui sera annoncé par Mario Draghi représenteront les principaux catalyseurs des marchés à court terme. Dans ces conditions, les investisseurs maintiennent actuellement le statut quo sur leurs positions et se préparent à quelques arbitrages dès jeudi, en cas de rally haussier dopé par l’activisme de la BCE, ou au contraire, de correction suite à une éventuelle déception.

Selon le « Sentiment Clients », le baromètre du sentiment des clients de CMC Markets (plus de 45.000 dans le monde, établi quotidiennement à partir de leurs positions réelles), les investisseurs sont à l’achat sur le Nikkei 225 (à 84%). En revanche, ils se positionnent vendeurs sur le Cac 40 (88%), le Dow Jones (75%), le Footsie (à 90%) et le Dax (à 70%). Ils redeviennent « bearish » sur l’once d’or (vendeurs à 52%, alors qu’ils étaient « longs » à 56% il y a une semaine). Sur le Forex, la tendance est vendeuse à 59% sur l’EUR/USD. Fortement anticipée, l’offensive de la BCE pour une politique monétaire plus expansionniste en Europe, milite en faveur d’un affaiblissement mécanique de l’euro. En témoigne le point bas marqué par la monnaie unique face au billet vert, à 1,3585 USD.

Judith Danan , Mai 2014

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