AVIVA Advertisement AVIVA
›  Interview 

Thibault de Saint Priest : « Ces fonds de prêts à l’économie sont conçus pour des institutionnels intéressés par le profil décorrélé de ces instruments de taux »

Selon Thibault de Saint Priest, Associé Gérant du Groupe ACOFI, leur filiale ALMS dont les 2 fonds de prêts à l’économie affichent 400M€ sous gestion, devrait augmenter de façon substantielle ses encours…

Next-Finance : Pouvez-vous nous présenter le Groupe ACOFI et plus précisément ACOFI Loan Management Services ?

Thibault de Saint Priest : Crée en 1990 à l’initiative d’une équipe de professionnels issus de la Caisse des dépôts et consignations, ACOFI est un groupe indépendant de services financiers qui construit des solutions d’investissement et de financement, au service de l’économie et de ses acteurs, adaptée aux besoins des investisseurs. Notre filiale, ACOFI Loan Management Services (ALMS) a vu le jour en mars 2012. Il s’agit d’une plate forme indépendante de structuration et de promotion de fonds de prêts directs à l’économie, dont l’activité s’articule autour des 5 métiers suivants : originer, sélectionner, gérer, recouvrer les prêts détenus par les fonds et rendre compte aux investisseurs.

Nous avons fait le choix d’adopter une démarche transversale, c’est-à-dire de ne pas nous cantonner à un secteur particulier mais plutôt de s’intéresser à différents segments du financement affectés par la moindre capacité des banques à financer les projets sous l’effet des dispositions de Bâle 3.
Thibault de Saint Priest, Associé Gérant du Groupe ACOFI

Pourquoi avoir décidé de lancer un fonds de prêts à l’économie ?

Notre démarche s’est nourrie du constat que l’alignement paradoxal des planètes « Bâle 3 » et « Solvency 2 » devait créer une situation où d’un côté les banques seraient amenées à réduire leur exposition sur certaines catégories de financements longs, notamment sous la contrainte du ratio de liquidité à long terme et où de l’autre les investisseurs institutionnels rechercheraient des actifs « diversifiants » dans leur « poche » taux, procurant une rémunération jugée attractive au regard de leur couple rendement/risque affiché en raison de leur profil peu volatil.

Quels secteurs d’activités privilégiez-vous ? Auriez-vous des exemples d’investissement ?

Nous avons fait le choix d’adopter une démarche transversale, c’est-à-dire de ne pas nous cantonner à un secteur particulier mais plutôt de s’intéresser à différents segments du financement affectés par la moindre capacité des banques à financer les projets sous l’effet des dispositions de Bâle 3. C’est dans ce contexte que ALMS a lancé en septembre 2012 « Predirec Immo 2019 », qui est un fonds commun de titrisation (FCT) ayant vocation à investir dans un portefeuille composé de prêts immobiliers senior ayant pour sous-jacents des immeubles de bureaux principalement de type core / core +, situés en Ile-de-France et dans les principales métropoles régionales. ALMS a ainsi monté trois opérations de financement pour Predirec Immo 2019, portant sur des créances hypothécaires adossées à des immeubles situés à Colombes (25.000 m²), Malakoff (20.000 m²) et à Issy-les-Moulineaux. Par ailleurs, ALMS a également lancé en juin 2013 un fonds dédié aux financements des collectivités territoriales qui a consenti une vingtaine de prêts à ce jour.

Quels types d’investisseurs peuvent être intéressés par ce produit ? Comprennent-ils bien le mécanisme du fonds ?

Ces fonds de prêts à l’économie sont conçus pour des investisseurs institutionnels intéressés par le profil décorrélé de ces instruments de taux au profil différent des instruments financiers traditionnels, notamment les compagnies d’assurance françaises et européennes. Bien évidemment, ils en comprennent parfaitement le fonctionnement, et c’est au terme de processus de « due diligence » exigeants qu’ils fondent leur décision. Ces initiatives nouvelles sont d’ailleurs suivies à un haut niveau dans les directions d’investissement des institutionnels et du côté des régulateurs.

Comment appréciez-vous le niveau de risque, aussi en termes de taux de défaut qu’en termes d’illiquidité ?

Nos fonds de prêts à l’économie n’offrent pas de liquidité intrinsèque car ce sont des fonds dits « fermés » ; les investisseurs récupérant le montant investi à mesure que le capital est remboursé. Ils ne peuvent donc pas honorer des demandes de rachat avant l’échéance du fonds. Quant au risque de défaut, il dépend du type de prêts acquis par ces fonds, de l’existence ou non d’un collatéral et de la qualité des garanties qui sont obtenues au moment du prêt. Ainsi, pour les financements accordés aux professionnels de l’immobilier à travers Predirec Immo 2019, les emprunteurs doivent consentir à des sûretés très solides, telles une hypothèque de premier rang, le nantissement de parts de leur véhicule d’acquisition et la délégation des loyers.

Nos fonds de prêts à l’économie n’offrent pas de liquidité intrinsèque car ce sont des fonds dits « fermés » ; les investisseurs récupérant le montant investi à mesure que le capital est remboursé. Ils ne peuvent donc pas honorer des demandes de rachat avant l’échéance du fonds.
Thibault de Saint Priest, Associé Gérant du Groupe ACOFI

Quelle est la liquidité de votre fonds et la méthode de valorisation utilisée ? L’investisseur doit-il privilégier une approche « buy and hold » ?

Comme je vous le disais, la liquidité de nos fonds est quasi-inexistante avant leur date d’échéance. Ainsi, ces fonds sont-ils adaptés à des approches « buy and hold » ou plutôt « hold to maturity ». La méthode de valorisation utilisée, prend en compte les flux financiers générés, les prêts (remboursements et intérêts) au cours du temps, auquel on applique un taux d’actualisation qui varie au cours de la durée de vie du fonds en fonction des conditions constatées sur le marché.

Quelles sont vos performances à ce jour et la volatilité associée ? Quelle rentabilité visez-vous ?

Le rendement cible est Euribor+200 points de base et +170 points de base, respectivement pour Predirec Immo 2019 et pour notre fonds dédié aux collectivités territoriales. Bien évidemment, plus le risque est élevé, plus la rémunération se veut élevée, sachant que nos fonds sont configurés pour afficher un faible niveau de volatilité.

Quels sont actuellement vos actifs sous gestion ? Quels encours visez-vous à un horizon 12 mois ?

Actuellement, nos deux fonds de prêts à l’économie affichent 400 millions d’euros d’actifs sous gestion (280 millions pour Predirec Immo 2019 et 120 pour le fonds de financement des collectivités territoriales). Nous devrions augmenter de façon substantielle nos encours dans les mois à venir avec le lancement de nouveaux fonds dédiés plus spécifiquement aux financements des entreprises.

RF , Janvier 2014

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Interview Olivier Plaisant : « Dans un monde où la croissance est rare, investir la croissance durable »

Les grands défis du XXIème siècle sont liés à la relation entre l’Homme et son environnement. Les changements démographiques, leurs conséquences sur le développement de nos sociétés, les implications en termes de gestion des ressources de la planète sont autant d’enjeux (...)

© Next Finance 2006 - 2017 - Tous droits réservés