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Stimuler l’engagement et récompenser les efforts les plus sérieux, dans le but de renforcer le caractère durable des investissements

Le dernier bilan bisannuel sur l’ISR en Europe, publié à la fin de l’année 2016 par Eurosif, a mis en évidence la croissance impressionnante de la demande des particuliers pour ce type d’investissement ces dernières années.

Le dernier bilan bisannuel sur l’investissement socialement responsable (ISR) en Europe, publié à la fin de l’année 2016 par la plus importante association de promotion de l’ISR en Europe, Eurosif, a mis en évidence la croissance impressionnante de la demande des particuliers pour ce type d’investissement ces dernières années.

Elle est en effet passée de 3,40 % de l’ensemble des actifs ISR en 2013 à 22 % en 2015.

Si les investisseurs institutionnels ont traditionnellement constitué le moteur de la demande ISR, cette nouvelle tendance démontre que l’intérêt des investisseurs privés progresse lui aussi, sous l’effet d’un changement dans la perception du public et d’une évolution culturelle – en particulier des nouvelles générations – vis à vis des conséquences directes ou indirectes de leurs investissements.

Dans ce contexte, en tant qu’analystes financiers, nous devons nous assurer que cet élan trouve une réponse appropriée auprès de l’ensemble des acteurs impliqués, que ce soient les gérants, les sociétés émettrices ou les entités publiques. Nous pensons que seuls des procédures solides et un engagement proactif auprès de l’ensemble des acteurs concernés permettront d’y arriver.

En parallèle à son expansion en valeur, l’environnement ISR se diversifie de plus en plus, avec un nombre croissant de stratégies différentes. Même si les stratégies appliquant l’approche « best-in-class » sont actuellement les plus populaires, nous préférons, chez Generali Investments, suivre une approche qui identifie et récompense les entreprises qui mettent tout en œuvre pour renforcer leur conformité aux critères extra-financiers. Nous estimons en effet que, sur le long terme, ces entreprises enregistreront de meilleures performances, car elles auront mis en place des mesures leur permettant d’éviter de coûteux litiges liés à des questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et seront en meilleure position pour tirer partie des tendances démographiques, réglementaires et environnementales de long terme.

A partir de cette conviction, nous avons défini une méthode interne d’évaluation des critères ESG que nous appliquons au moment où nous élaborons les stratégies et où nous prenons les décisions d’investissement. Notre analyse aide les gérants de portefeuille à effectuer leur choix car, d’après nous, l’analyse ISR et l’analyse financière devraient toujours aller de pair.

Composée de cinq étapes et basée sur une approche risques/opportunités, cette méthode commence par exclure de l’univers d’investissement (MSCI Europe Index, soit 26 secteurs et 513 émetteurs européens de petites, moyennes et grandes capitalisations) l’ensemble des entreprises qui font l’objet de controverses de différentes natures et par conséquent ne respectent pas le filtre éthique du groupe Generali.

Vient alors la sélection des critères ESG à l’aune desquels chaque entreprise sera évaluée : nous en avons identifié 34, qui couvrent les quatre piliers considérés : l’environnement (les gaz à effet de serre ou la gestion des déchets, par exemple) ; les critères sociaux externes (la concurrence déloyale ou la corruption, par exemple) ; les critères sociaux internes (tels que la diversité, le dialogue social) ; la gouvernance (comme les droits des actionnaires ou les rémunérations). La gouvernance est l’un des critères les plus difficiles à évaluer car il est modelé par chaque code de gouvernance national ainsi que par les us et coutumes de chaque pays et de chaque secteur. En outre, il ne peut pas être évalué au moyen d’indicateurs clés aussi faciles à mesurer que ceux relatifs aux critères environnementaux ou sociaux et son appréciation peut, par ailleurs, varier fortement d’un individu à l’autre. Selon nous, les entreprises qui présentent un risque de gouvernance élevé sont considérées, dans leur notation ESG globale, comme étant à haut risque et peuvent être, en définitive, écartées pour cause de non-conformité ISR. La cartographie des risques constitue la troisième étape de notre processus : pour chaque secteur, les 34 critères sont examinés à l’aune des risques et des opportunités ESG qu’ils représentent, sur la base des six problématiques les plus pertinentes (empreinte carbone, image de marque, actions judiciaires en nom collectif, pression législative, avantage concurrentiel et actif immatériel). A partir de là, nous sélectionnons et analysons en général les six ou sept critères qui nous paraissent les plus pertinents pour un secteur donné. Par exemple, pour le secteur des infrastructures de transport, nous avons sélectionné les gaz à effet de serre, les conditions de travail, la sécurité, la qualité ainsi que les services et produits écologiques.

La quatrième étape est celle de l’analyse de la performance ESG elle-même, qui aboutit à l’attribution d’une note globale à chaque entreprise. Environ la moitié des émetteurs de notre groupe de départ sont exclus de notre univers d’investissement, leur notation étant inférieure à la moyenne du secteur, ce qui fait de notre filtre l’un des plus stricts du marché.

Pour finir, nous partageons les résultats de notre analyse avec nos gérants de portefeuille. Ceux-ci examinent ce groupe 100 % ISR d’un point de vue financier et sélectionnent leurs valeurs.

Le fait de retirer la moitié des entreprises de l’univers d’investissement rend le travail des gérants bien plus compliqué, mais c’est le seul moyen de garantir que, au final, les fonds seront bien conformes d’un point de vue ISR.

Au cœur de cette approche se trouve notre engagement proactif, direct et systématique avec chaque entreprise couverte. C’est en effet, selon nous, le moyen le plus efficace, à terme, d’améliorer leur comportement sur les aspects ESG. Puisque nous ne pouvons pas les obliger à prendre des mesures, ce n’est que lorsqu’elles auront compris leur propre intérêt en la matière qu’elles mettront en œuvre les changements ou les améliorations nécessaires. Nous essayons par conséquent de les sensibiliser en leur envoyant systématiquement les résultats de nos analyses, en leur donnant accès aux résultats de leurs concurrents et, le cas échéant, en leur expliquant pourquoi nous les avons exclues de notre univers d’investissement.

Il va sans dire que ce n’est pas chose aisée. Chaque entreprise est différente, chacune a sa propre philosophie et ses propres règles et l’attention qu’elles portent à la durabilité de même que leur sensibilité à cet égard varient grandement. Il est toutefois de notre devoir d’encourager une telle discussion, ouverte et honnête, dans le but de les faire réfléchir aux défis que comporte un tel sujet et, nous l’espérons, de les accompagner dans leur cheminement vers la prise en compte de la durabilité dans leurs activités.

En 2016, nous avons eu 237 rencontres individuelles avec des entreprises de 11 secteurs différents et 56 d’entre elles ont abouti à des interactions prolongées et fructueuses et à des commentaires extrêmement positifs, en particulier de la part des compagnies d’assurance (60 % des 33 compagnies rencontrées) et des fournisseurs de services informatiques (45 % des 20 entreprises rencontrées).

Outre le rôle du secteur privé, soulignons le rôle essentiel que peuvent jouer les autorités tant dans la promotion que dans la protection de l’investissement socialement responsable.

Le secteur se tournant de plus vers les particuliers, le nombre de fonds ISR disponibles sur le marché – déjà assez impressionnant – est sans aucun doute amené à poursuivre sa progression. Le risque existe alors que de nombreux produits soient labellisés « ISR » sans l’être vraiment, avec toutes les conséquences négatives que cela implique en matière de protection des investisseurs et de réputation sectorielle. C’est ici que les entités publiques, au niveau national comme au niveau européen, peuvent faire la différence, en définissant des normes et des réglementations claires, ou encore en créant des organes ou en promouvant des marques qui aideront à certifier la qualité de ces produits. Le processus est déjà en cours et certains pays européens progressent bien plus vite que d’autres sur cette voie, la France et l’Allemagne en tête.

Un effort commun est nécessaire de même que, là encore, une interaction constante entre toutes les parties impliquées. Dans l’intérêt du secteur de l’investissement ISR, dans l’intérêt de la finance, dans notre intérêt à tous.

Generali Investments , 2 juin

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