AVIVA Advertisement AVIVA
›  Opinion 

Perspectives positives pour les actions US

Legg Mason anticipe des perspectives positives pour les actions américaines, soutenues par les attentes des investisseurs concernant les mesures de l’administration Trump alors qu’à court terme, les perspectives d’appréciation significative des cours des actions européennes suscitent un scepticisme considérable...

  • Les baisses d’impôts sur les sociétés, la déréglementation de certains secteurs et l’accroissement des dépenses consacrées aux infrastructures et à la défense sont des catalyseurs potentiels de croissance
  • Le rapatriement des profits pourrait entraîner une hausse des dépenses en capital et des investissements des entreprises
  • L’environnement macroéconomique sous-jacent aux États-Unis devrait générer de la croissance supplémentaire
  • Il faudra du temps avant que la mise en œuvre des nouvelles politiques ne s’aligne sur le sentiment des investisseurs

Après la victoire de Donald J. Trump à l’élection présidentielle, les marchés actions américains ont déjoué tous les pronostics en prenant un virage résolument haussier. Le Dow Jones Industrial Average a gagné 1 000 points en l’espace de quelques semaines. Les titres du secteur bancaire et des services financiers ont progressé dès que la nouvelle administration a affiché en filigrane sa volonté d’assouplir la réglementation et les contrôles. Les attentes d’allègement réglementaire, associées à la stabilisation des cours pétroliers au-dessus des 50 USD, ont entraîné un rebond des actions des secteurs de l’énergie et de l’exploration.

Après un tel démarrage en trombe, comment se comporteront les actions américaines sous l’administration Trump ? M. Trump a fait un certain nombre de déclarations tout au long de l’année dernière qui nous fournissent des pistes.

« Les marchés financiers ont intégré le scénario selon lequel la réforme et la baisse de l’impôt sur les sociétés, associées à un allègement réglementaire et à un accroissement des dépenses consacrées aux infrastructures et à la défense, devraient aboutir à une hausse des bénéfices des entreprises et à un renforcement significatif de la croissance », déclare Hersh Cohen, co-Directeur des investissements chez ClearBridge Investments, filiale de Legg Mason spécialisée sur les actions américaines.

« Après une période de scepticisme et de désespoir en janvier dernier, les marchés reflètent aujourd’hui un optimisme considérable », explique-t-il. « Nous saurons l’année prochaine si cet optimisme est justifié. »

La mise en application des propositions de M. Trump devrait prendre du temps, mais l’environnement macroéconomique est globalement favorable. Le 14 décembre, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé ses taux pour la deuxième fois depuis 2008 et le refera probablement une nouvelle fois en 2017. Avec une croissance du PIB de 3,5 % au troisième trimestre 2016, un chômage inférieur à 5 % et des prévisions d’inflation de la Fed largement en deçà de 2 %, l’économie américaine devrait maintenir une croissance plus forte que celle de la plupart des autres pays développés.

Le tableau est plus contrasté pour l’Europe, qui pourrait être confrontée à un certain nombre de difficultés majeures : taux d’intérêt négatifs, incertitude post-Brexit, faiblesse de la croissance économique et évolution des courants politiques.

À court terme, les perspectives d’appréciation significative des cours des actions européennes suscitent un scepticisme considérable.

Des mesures de relance énergiques pourraient intervenir rapidement aux États-Unis. La promesse de M. Trump de consacrer 1 000 milliards de dollars à la rénovation des ponts, autoroutes, voies ferrées et ports vétustes semble recueillir un solide soutien des deux partis au sein du Congrès américain. Les titres liés aux infrastructures pourraient donc progresser.

« Si le rapatriement des profits étrangers est effectivement promulgué par le Congrès américain sous contrôle républicain, cela pourrait doper la trésorerie des entreprises et favoriser ainsi les dépenses en capital, réinvestissements, versements de dividendes et rachats d’actions », ajoute M. Cohen. « Ces facteurs stimulants sur le plan économique pourraient soutenir les cours des actions et ne risquent pas de faire augmenter les taux de manière substantielle. »

Si les initiatives proposées se concrétisaient, elles pourraient relancer la croissance à court terme, doper l’emploi et se révéler avantageuses pour un large éventail de sociétés américaines - des petites aux plus grandes capitalisations. Toutefois, il faudra plusieurs années avant que leur mise en œuvre ne s’aligne sur sentiment des investisseurs, et nous ignorons les dommages potentiels que la position protectionniste de M. Trump pourrait avoir sur un certain nombre de secteurs.

« La dynamique constatée depuis l’élection et la demande latente générée par l’environnement timoré des six derniers mois pourraient favoriser les entreprises en 2017. L’emploi est solide et la situation financière des ménages s’améliore. La politique budgétaire expansive devrait finalement être appliquée à un rythme raisonnable, à condition que le Congrès conservateur réduise les dépenses et ne gonfle pas le déficit fédéral », déclare Bill Hench, gérant de portefeuille chez Royce & Associates, filiale de Legg Mason spécialisée sur les small-caps américaines.

« Les plans de dépense spécifiques ne devraient commencer à être mis en œuvre qu’à partir du moment où la nouvelle administration sera installée dans ses nouvelles fonctions au sein des différentes agences gouvernementales, c’est-à-dire pas avant le deuxième semestre 2017. Le commerce international risque de rester limité tant que la politique américaine n’aura pas été définie, ce qui pourrait entraver la progression du marché », ajoute-t-il.

M. Hench estime que les actions américaines en général, et les petites capitalisations en particulier, pourraient avoir le vent en poupe au deuxième semestre 2017.

« La performance des petites capitalisations dépend de la croissance de l’économie et des profits. Nous ciblons des domaines qui devraient, à terme, bénéficier de ces facteurs positifs, notamment la construction non résidentielle, les sociétés industrielles et les entreprises technologiques », ajoute-t-il. « Nous pensons qu’un renforcement de l’économie pourrait avantager un certain nombre de titres aux cours très attractifs et en plein redressement, pour lesquels nous avons identifié des catalyseurs d’amélioration. »

M. Trump a également promis d’« abroger et de remplacer l’Obamacare. » S’il y parvenait, le secteur de la santé américaine pourrait être l’un des grands gagnants. Les groupes pharmaceutiques, dont la politique de prix a été publiquement critiquée par M. Trump en raison des prix élevés des médicaments sur ordonnance, pourraient faire figure d’exception.

« Bien que le président élu n’ait pas encore clairement formulé de politique de santé, il est possible qu’il s’inspire fortement de la position du Parti républicain sur les grandes questions de santé », affirme Marshall Gordon, analyste senior du secteur de la santé chez ClearBridge Investments.

« Les sociétés biopharmaceutiques et d’équipements médicaux de grandes capitalisations sont celles qui maintiennent les soldes de trésorerie les plus importants à l’étranger », poursuit M. Gordon. « Elles pourraient bénéficier d’une réforme de la fiscalité des entreprises, en particulier d’un rapatriement des profits et de l’adoption d’un système fiscal territorial. Elles disposeraient ainsi de capitaux supplémentaires pour financer leur recherche et développement, des opérations de fusion/acquisition ou des rachats d’actions. Une consolidation accrue pourrait avantager les titres de petites et moyennes capitalisations en tant que cibles d’acquisition. »

« Toutefois, si les Républicains choisissaient de révoquer l’extension de couverture prévue par l’Obamacare, les hôpitaux pourraient en pâtir, dans la mesure où ils avaient énormément bénéficié de la réduction des soins non remboursés du fait de l’extension de la couverture (principalement de Medicaid). Les hôpitaux pourraient rapidement perdre en rentabilité si moins d’Américains étaient couverts. »

La victoire de M. Trump reflète la montée d’un sentiment politique en faveur du protectionnisme et de la croissance des revenus intermédiaires. Cela aux dépens du commerce international, et donc de l’efficience et de l’essor économiques.

« On s’attarde beaucoup sur les mauvais côtés du populisme, mais personne n’évoque plus spécifiquement les aspects positifs », déclare Nick Langley, directeur général de RARE Infrastructure, filiale de Legg Mason spécialisée dans l’infrastructure cotée. « Le populisme est un message adressé aux gouvernements pour en finir avec les politiques de rigueur et accroître les dépenses directes sur les marchés locaux. Dans ce contexte, les dépenses budgétaires pourraient commencer à prendre le dessus sur la politique monétaire des banques centrales. Dans la mesure où les dépenses publiques sont beaucoup plus faciles à comprendre et à prévoir que la politique monétaire, cela pourrait être un point positif pour les investisseurs. »

Les spéculations vont bon train, mais aucune des promesses de M. Trump ne s’est encore concrétisée. La prudence est donc de mise, même si les conditions semblent propices à un rebond des marchés. Début 2016, rares étaient ceux qui auraient pu penser que les marchés actions américains allaient entamer une récession qui culminerait par des pertes de plus de 20 % d’ici le 11 février. Un grand nombre de titres n’ont pas pu retrouver leurs valeurs de 2015 avant août ou septembre 2016.

Doit-on s’attendre au même scénario en 2017, après l’euphorie provoquée par l’élection de M. Trump ?

« Lorsque des événements ont un impact sur les marchés, les investisseurs tiennent souvent à réagir », observe James Norman, président de QS Investors, filiale de Legg Mason spécialisée dans la gestion systématique. « Parfois, le plus difficile est de ne pas réagir. C’est exactement là où nous en sommes. Dans ce type de situations, nous essayons de nous assurer que les investisseurs ne réagissent pas de manière disproportionnée. Il s’agit de prendre en compte notre univers d’investissement dans son ensemble et de nous en tenir à notre discipline - celle que nous appliquons pendant les périodes moins troublées - jusqu’à ce que l’horizon s’éclaircisse. »

Concernant les perspectives des marchés actions au cours des prochains mois, M. Norman déclare : « la seule chose dont nous soyons certains est que nous allons devoir composer avec une incertitude beaucoup plus importante. »

Cette incertitude peut également déboucher sur des opportunités pour les investisseurs qui savent les discerner. La diversification de l’exposition des investissements aux classes d’actifs est une bonne stratégie de réussite sur le long terme.

Next Finance , 26 janvier

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Smart Beta et psychologie

En français, l’expression « Smart Beta » sonne comme un oxymore. Que pourrait-il y avoir de smart à appliquer toujours la même stratégie, alors que les marchés sont versatiles ? Un gérant, avec sa capacité à analyser l’évolution du contexte de marché, devrait bien réussir à faire mieux (...)

© Next Finance 2006 - 2017 - Tous droits réservés