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Mary Meeker, « Queen of the Net » chez Morgan Stanley

Après avoir survécu à la bulle internet, l’ex reine du net résistera -t-elle à la tempête médiatique orchestrée par son ancien rival, Henry Blodget ?

Analyste vedette du secteur des nouvelles technologies chez Morgan Stanley, Mary Meeker connut la tourmente, lorsque les Dot com s’éffondrèrent. Mais à la différence de nombre de ses collègues, elle ne fut pas reconnue coupable de malversations par la SEC (Securities Exchange Commission), ni limogée par son employeur. Aujourd’hui, elle fait toujours les beaux jours de Morgan Stanley dans le secteur les TMT (Téléphonie, Média, Télécom).

Née en septembre 1959, dans l’état de l’Indiana, Mary Meeker commence ses études supérieures à l’université Depauw où elle obtient un B.A en 1981. Elle enchaîne comme broker au sein de la firme Merril Lynch. En 1986, son MBA en poche, elle entre chez Salomon Brothers où elle y passe 4 ans. Elle rejoint Morgan Stanley en 1991 comme analyste dans le secteur informatique et nouveaux médias après un passage éclair chez SG Cowen.

Au début des années 90, accompagnée de Ray Ozzie, Jim Manzi (Lotus Notes) et Steve Case (America Online), elle assiste à une démonstration de John Gage (Sun Microsystems) ! C’est le déclic, elle saisit alors l’importance que la communication « Online » va revêtir dans la vie de tous les jours pour les individus, mais également pour les entreprises. Elle devient la « passionaria » d’Internet au sein de Morgan Stanley. En août 1995, grâce à Meeker, la banque dirige l’introduction en bourse de Netscape Communications.

Fin 95, elle publie « The Internet Report » un rapport qui fera date, et qui devient la bible de tout ce que Wall-Street compte comme investisseurs dans le secteur naissant dans « Dot Com ». En 96 et 97, Morgan Stanley publie d’autres rapports sur la publicité « Online » et le e-commerce qui comme le premier deviennent des références. En 1998, le magazine américain Time classe Meeker dans les « Digital 40 », les 40 personnalités les plus importantes du secteur des nouvelles technologies. Meeker est alors une des analystes vedettes de Wall-Street et sa capacité d’analyse et de décryptage des tendances lui valent le titre de « Queen of the net ».

Meeker explique aux investisseurs « l’intérêt » qu’ils ont à investir dans des entreprises qui ne gagnent pas un sou, et qui n’ont pas encore un seul client (Netscape est le prototype de l’entreprise qui connut un succès en bourse sans avoir encore réalisé le moindre bénéficie). Ses nombreuses incursions dans la Sillicon Valley, et ses rencontres avec les entrepreneurs lui ont permis de comprendre la révolution internet (elle estimait, avec Marc Andressen, fondateur de Netscape, qu’en 1995, environ 400 personnes seulement « comprenaient le Net »).

Lorsque les actions dot.com connaissent une chute vertigineuse, Mary Meeker comme nombre de ses collègues qui faisaient la pluie et le beau temps dans les « Dot Com » est critiquée par la presse.

Interrogée par le magazine américain « Fortune » en 2006, Meeker reconnaissait qu’elle aurait dû abaisser la notation de certaines valeurs technologiques. « A posteriori, j’aurais dû abaisser la notation de certaines valeurs technologiques, mais j’ai mis en garde les investisseurs, en disant « ceci est un portefeuille, toutes les actions ne vont pas prendre de la valeur. Est-ce que les prévisions sur women.com et homegrocer.com étaient mauvaises ? Oui. Mais est ce que Google à 118 dollars c’était une bonne prévision ? Oui ! ». Selon Morgan Stanley, sur les 13 dernières années, les prévisions de Mary Meeker ont surpassé 11 fois celles du S&P 500 (En 2000, sa pire année, son ratio était de -53 %)

Dans « le bal des initiés », le journaliste Laurent Mauriac cite Marie Meeker et revient sur l’épisode Netscape, présentée par Marie Meeker comme le début d’une nouvelle ère où une entreprise qui fait des pertes, sans avoir jamais réalisé le moindre bénéfice peut s’introduire en bourse. Selon Mauriac, les prédictions de Meeker ne sont pas toutes fausses, mais c’est au niveau de son analyse de la taille et de la croissance des marchés potentiels ainsi que sur la rapidité de l’avènement de la révolution internet qu’il y a eu des erreurs.

Contrairement à certains de ses célèbres collègues comme Henry Blodget & co, Meeker a été lavée de tous soupçons de malversation (elle a été définitivement innocentée en 2003), même si elle a commis des erreurs dans l’exercice de son métier

En août 2007, Mary Meeker a de nouveau fait la une de l’actualité : Henry Blodget (lui-même !) débusque une erreur de calcul commise par l’ex Queen du Net (ou plus exactement sans doute un membre de son équipe) dans ses prévisions de revenus concernant Youtube. Blodget diffuse l’information sur son blog et, la boulette de Meeker fait le tour du web en quelques jours, avant d’être reprise par la plupart des journaux financiers.

Selon les hypothèses utilisées par l’équipe de Meeker, Youtube diffuse 2 milliards de vidéos par mois, dont 1% avec publicité, ce qui fait 20 millions de vidéos avec publicité. Sachant que les publicités en questions sont rémunérées à 20 dollars le CPM (coût pour mille dans le jargon du web, soit le coût pour mille pages vues), et que 15% des revenus vont à Youtube, on arrive à 4,8 milliards de dollars et 720 millions de dollars de profits.

Problème, dans les calculs de Meeker, le coût pour mille est pris comme le coût par impression, et les publicités sont considérées comme étant payées à 20 dollars par page vue (au lieu des 1000 pages vues), du coup, les chiffres doivent être divisés par 1000 !!!!Les revenus de Youtube ne seraient plus de 4,8 milliards, mais de 4,8 millions, ce qui modifie tout de même sensiblement l’estimation que les investisseurs pourraient en avoir....

Après l’erreur débusquée sur le web (notamment par Henry Blodget), Mary Meeker a modifié ses prévisions concernant Youtube...Les profits varient désormais de 75 à 189 millions de dollars selon les nouvelles hypothèses...

Paul Monthe , Juin 2008

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