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Ludovic Vauthier : « La Chine, l’Inde et le Brésil apparaissent aujourd’hui comme des zones d’investissement incontournables ! »

L’équipe de gestion Asie/Emergents d’Edmond de Rothschild Asset Management dresse le bilan et les perspectives des 3 principaux marchés émergents...

Si les chiffres en demi-teinte des États-Unis et les craintes liées à la dette souveraine en Europe continuent de susciter des interrogations, la place grandissante des pays émergents sur l’échiquier mondial se confirme, quant à elle, chaque jour davantage. Avec des taux de croissance attendus en 2011 de 9,6%, 8,4% et 5% respectivement, la Chine, l’Inde et le Brésil montent en puissance et apparaissent aujourd’hui comme des zones d’investissement incontournables.

Quel bilan dresser des derniers mois qui viennent de s’écouler ? Quels sont les moteurs de croissance de ces pays ? Quelles sont les perspectives pour fin 2010 - début 2011 ? Autant de questions auxquelles cet article se propose de répondre.

Quel bilan dresser des derniers mois qui viennent de s’écouler ?

Ludovic Vauthier : En hausse de 15,8% [1] depuis le début de l’année, le marché indien affiche un bilan plutôt positif. 1/3 des sociétés du Sensex ont déjà publié et enregistrent, au titre du 2e trimestre de l’année fiscale, des résultats généralement meilleurs qu’anticipés, en croissance de 14% (+22% hors sociétés de matières premières). Ces belles publications sont rassurantes et démontrent la solidité des fondamentaux de l’économie indienne. Avec la baisse de l’inflation (8,62% en septembre contre un pic de 11,00% en avril), des déficits publics contrôlés et un cours du pétrole modéré (83$/baril), l’Inde bénéficie d’un environnement macroéconomique favorable. Si les entreprises indiennes continuent de publier de bons résultats trimestriels, le marché devrait logiquement poursuivre sa tendance positive.

Yi Tang : Après la correction observée en début d’année, les marchés d’actions chinoises ont rebondi de plus de 20% depuis mai sur fond d’amélioration du sentiment économique. Soucieux d’éviter tout risque de surchauffe économique, le gouvernement a renforcé, fi n septembre, sa politique visant à lutter contre la spéculation immobilière dans les mégapoles : relèvement à 30 % de l’apport personnel en cas d’achats de la 1e résidence, sans exceptions, interdiction totale d’utiliser des crédits hypothécaires destinés à acheter une 3e résidence dans toute la Chine, etc. Avec une inflation contenue de l’ordre de 3%, la Chine devrait enregistrer une croissance supérieure à 9% en 2010. Celle-ci reste néanmoins fondamentalement saine dans la mesure où la dette publique n’excède pas 30% du PIB tandis que l’endettement des entreprises et des ménages, à environ 35% et 10% respectivement, reste mesuré, contrairement à celui de certains pays occidentaux. Les flux demeurent toujours aussi favorables dans un environnement marqué par des taux d’intérêt bas.

Bruno Vanier : Si les valeurs domestiques ont fortement performé depuis le début de l’année, deux secteurs ont, à l’inverse, plutôt sous performé. Ainsi, le titre Petrobras, qui représente 20% de l’indice Bovespa, a souffert jusqu’à ce que la levée de fonds géante (66 Mds$) promise par la compagnie pétrolière devienne réalité en septembre. De même, le secteur de l’acier (25% de l’indice) a été pénalisé compte tenu notamment d’une demande internationale assez modérée. Sur le front macroéconomique, notons que la croissance du Brésil devrait être nettement supérieure à celle des pays développés en 2010. Après avoir quasiment stagné en 2009 (+0,2%) du fait de la crise, le PIB devrait croître cette année de plus de 7%. Cette croissance a été constamment revue à la hausse depuis le début de l’année. Par ailleurs, l’inflation s’est plutôt atténuée et la Banque centrale n’a pas relevé ses taux directeurs.

Dans ce contexte, comment Saint-Honoré Inde, Saint-Honoré Chine et Saint-Honoré Brésil se sont-ils comportés ? Quels secteurs privilégiez-vous ?

L. V. : De janvier à fi n août, la belle performance de Saint-Honoré Inde s’est expliquée par une sélection judicieuse de valeurs à bêta peu élevé et offrant une bonne visibilité sur leurs perspectives de croissance bénéficiaire. Pénalisé par notre approche un peu trop prudente, le fonds accuse, en définitive, un retard de 2,54% par rapport au MSCI India depuis le début de l’année.

Y. T. : Saint-Honoré Chine a enregistré une performance de 1,83% [2] (contre 1,34% pour le MSCI China) au cours du 3e trimestre. Les valeurs industrielles devraient profiter de la progression de leurs parts de marché et du 12e plan quinquennal qui débutera en 2011 et se prolongera jusqu’en 2015. Celui-ci devrait privilégier une meilleure efficacité énergétique, la réduction de la pollution, la hausse de la consommation en pourcentage du PIB, l’augmentation des revenus et la réduction des écarts de revenus entre la population urbaine et rurale.

B. V. : Saint-Honoré Brésil a affiché une performance de 8,97% au cours du 3e trimestre, sous-performant de 0,39% son indicateur de référence, le MSCI Brazil. Nous avons souffert de notre surexposition dans le secteur de l’acier ainsi que de l’insuffisance de nos investissements dans le secteur de la consommation.

Quelles sont vos perspectives pour fi n 2010 - 2011 ?

L. V. : Nous restons positifs sur le potentiel de croissance de l’économie indienne pour les prochains mois avec des perspectives de croissance bénéficiaire de l’ordre de 20% en 2011. L’évolution de l’inflation, du cours du pétrole et de la liquidité dans le système bancaire seront, néanmoins, autant d’éléments qu’il conviendra de surveiller au cours des prochains mois.

Y. T. : A la surprise générale, la PBoC a annoncé le relèvement de ses taux d’intérêt de 25 pb. Cette première hausse depuis décembre 2007 porte le taux des dépôts à 2,50% et le taux des prêts à un an à 5,56%. Compte tenu de cette augmentation, le marché reste averse au risque sur le court terme et nous pourrions observer une plus forte volatilité. Néanmoins, nous ne pensons pas que cette initiative doive être considérée comme les prémisses d’un resserrement de la politique monétaire globale. Les quelques signes d’emballement restent d’ailleurs confi nés à des secteurs spécifiques. 2011 sera une année importante pour la Chine dans la mesure où le pays va finaliser son 12e plan quinquennal.

Au cours des 5 dernières années, le pays a enregistré une croissance annuelle supérieure à 10%. C’est pourquoi le gouvernement va chercher à créer un modèle de croissance plus équilibré au cours des 5 prochaines années. Nous conservons notre opinion positive sur le marché chinois eu égard aux valorisations raisonnables (12x 2011 PE, MSCI China) et aux perspectives de croissance bénéficiaire (17% pour 2011).

B. V. : Si les craintes suscitées par l’évolution du cycle mondial peuvent générer une certaine volatilité sur le marché, nous restons toutefois positifs sur le Brésil qui reste, selon nous, un pays incontournable. Les fondamentaux des sociétés sont sains et l’économie brésilienne reste en bonne santé. L’endettement du pays est limité à 40% du produit intérieur brut. La demande domestique reste vigoureuse, les perspectives sur le front de la consommation sont bonnes, l’inflation se normalise, le crédit repart, la confiance des ménages s’améliore et l’endettement de ces derniers est limité. Enfin, les valorisations restent raisonnables.

Next Finance , Novembre 2010

Notes

[1] Données au 26/10/2010. Source : Europerformance / Edmond de Rothschild Asset Management.

[2] Source : Europerformance / Edmond de Rothschild Asset Management. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

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