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Les wonderwomen de la City

Alors que le débat sur les inégalités hommes-femmes au sein des entreprises britanniques n’a jamais été aussi franc, quelques ladies occupent des fonctions de premier plan. Qui sont ces pionnières ?

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Jayne-Anne Gadhia
C’est la valeur montante à Londres, à l’image de la banque qu’elle dirige, Virgin Money, qui s’apprête à racheter l’une des trois banques qui seront prochainement créées à l’issue de la restructuration de Lloyds, RBS et Northern Rock.
Choisie par Richard Branson, Jayne-Anne Gadhia, 46 ans, gère d’ores et déjà plus de 2 millions de clients et environ 100 millions de livres de dépôts. Elle n’hésite pas à présenter une lecture différente de la crise, pas si courante dans le secteur bancaire : "La pression constante sur les banques pour booster leur croissance et leurs parts de marché, et in fine le cours de leur action, a été le carburant qui a fait tourner une machine financière toujours plus grosse." Et d’expliquer que le travail de réflexion sur la culpabilité du marché n’a pas été suffisamment poussé.

Nicola Horlick
C’est la tigresse de la City, même si son surnom officiel est "SuperWoman". Le milieu s’est étonné de voir cette mère de cinq enfants (dont une petite fille aujourd’hui décédée d’une maladie) réussir à monter son propre fonds alternatif (Bremdean Alternatives), et voler de succès en succès (entre quelques échecs retentissants cela dit).
Licenciée de Morgan Grenfell Asset Management il y a quelques années, Nicola Horlick, aujourd’hui âgée de quarante-neuf ans, était allée rencontrer les dirigeants de la maison-mère Deutsche Bank accompagnée de caméras, en direct. Elle avait même introduit une journaliste qu’elle avait fait passer pour sa conseillère lors du rendez-vous avec les hauts dirigeants. Elle n’hésite pas non plus à faire dans la provocation : "Quand j’analyse objectivement les différences entre les femmes et les hommes dans leur mode de management, il me semble que les femmes sont mieux organisées que les hommes et accordent plus d’attention aux détails (...). J’ai souvent observé que les hommes avaient un égo les détournant des vraies priorités."

Carol Galley
Elle n’est plus aussi active qu’il y a quelques années, mais Carol Galley reste l’une des figures les plus éminentes des superwomen de la City. Elle est d’ailleurs à la tête d’une fortune de 75 millions de livres, bâtie au fil des transactions réalisées pour Merril Lynch dans les années 90, puis Mercury Asset Management, qu’elle a créé dans les années 2000. Carol Galley a été une pionnière, la première véritable businesswoman de Londres. C’est elle qui a mené l’une des négociations les plus homériques jamais vécues dans le Square Mile, le rachat du groupe Forte Hotel et de London Weekend Television par Granada. Elle participe aujourd’hui à de nombreuses conférences sur les banques d’affaires, et préside par ailleurs la Tate Foundation. Elle a gagné jusqu’à 8 millions de livres en salaire annuel, soit trois fois plus que les femmes les mieux rémunérées aujourd’hui, et dans un contexte plus sexiste qu’il peut l’être encore actuellement. Au moment de prendre ses distances, cette femme aujourd’hui âgée d’une soixantaine d’année, allergique aux interviews, avait indiqué avoir "consacré 100% de (son) temps à ce business" et n’avoir jamais été en mesure de "penser à quoi que ce soit d’autre".

Vimi Grewal
La directrice de la branche Investissement de Deloitte n’est autre que la grande opératrice de l’intégration de Lehman Brothers dans Nomura, suite à la faillite de la banque d’affaires américaine. "Je n’ai pas vu mes enfants pendant deux ou trois mois, mais je n’ai pas pensé à autre chose qu’à la réussite de ce projet. Cela a été une course-contre-la-montre tout à fait passionnante."
Vimi Grewal est aussi la codirectrice et l’un des membres fondateurs du très clanique "City Women’s Club", vu comme l’association féministe la plus active de la City. "C’est un forum permettant de discuter de sujets purement économiques, mais qui vise également à donner aux femmes la possibilité d’échanger sur ce qui se fait dans les autres sociétés, sur les différentes possibilités de carrière offertes aux femmes, des choses dont elles ne peuvent pas parler dans leurs propres structures."

Nathalie Degans
Ce n’est pas encore la businesswoman la plus réputée de la City, mais elle est probablement la Française qui s’y est hissée le plus haut, en tant que directrice de gestion de Morgan Stanley Investment Management. Diplomée de l’Institut supérieur de gestion (promotion 1986) puis de l’INSEAD (1993), Nathalie Degans, âgée d’une cinquantaine d’année, bénéficie d’une expérience de treize ans dans l’investissement asiatique et européen, et est spécialisée dans les mid and small caps. Elle a débuté dans la Banque Indosuez, et vient de commencer sa dix-septième année chez Morgan Stanley à Londres. Elle a été nommée cette année à la direction du dividend yield program de MS.

Clara Furse
Première femme à diriger le London Stock Exchange en plus de deux cents ans d’histoire, Clara Furse a cédé la place en mai au Français Xavier Rolet, qui mène depuis une politique plus agressive (avec notamment le rachat imminent du jeune concurrent Turquoise). Des OPA, Clara Furse en a évité plusieurs depuis sa prise de fonction en 2001, et a même négocié le rachat de Borsa Italiana, la plateforme milanaise, de taille plus modeste. LSE Group a entretemps été la cible des plateformes d’échanges Deutsche Börse, Euronext et OMX, Nasdaq et Macquarie (banque d’affaires australienne).
Réputée prudente, économe et anti-gaspillage (jusqu’à insister à la fin des repas pour que les aliments non consommés n’aillent pas directement à la poubelle), Clara Furse s’est principalement vu reprocher d’avoir échoué à racheter Liffe, le marché des produits dérivés londoniens, où elle avait pourtant travaillé auparavant. Cet échec retentissant, survenu peu après sa prise de fonction, a empoisonné ses huit ans à la tête du LSE Group, ce fut d’ailleurs le principal reproche adressé par les observateurs à la fin de son mandat.

Johann Harscoët , Novembre 2009

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