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Les rumeurs ont failli anéantir la Société Générale

Pertes de 4 milliards liées aux ETF, pertes dans sa filiale grecque et recours à la BCE d’un montant de 5 milliards d’euros…voilà un florilège des rumeurs qui ont couru sur les marchés au sujet de la Societé Générale

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Depuis deux jours, de nombreuses rumeurs ont affolé le marché au sujet de la santé financière de la Société Générale et plus généralement de l’ensemble des banques françaises. Tôt dans la matinée du 11 août, une rumeur indiquant une perte en gestion des ETFs aurait coûté la bagatelle 4 milliards d’euros à sa filiale Lyxor. Plus tard dans la journée, plusieurs brokers faisaient état d’un recours d’urgence d’une banque française auprès de la BCE pour un montant de 5 milliards d’euros.

L’AMF a dû intervenir et publier un communiqué indiquant que le fonctionnement régulier des marchés était altéré par la diffusion de rumeurs infondées concernant les valeurs financières cotées à Paris. « La diffusion d’informations infondées peut constituer un manquement susceptible de sanction, de même que le fait d’en tirer profit », indiquait encore le gendarme de la bourse qui prévenait qu’elle en tirerait « toutes les conclusions ».

« La solidité des banques françaises n’est pas affectée par les évolutions récentes sur les marchés », a déclaré jeudi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, qui a dû écourter ses vacances et y aller de sa petite phrase, alors que les valeurs bancaires françaises étaient attaquées à la Bourse de Paris. Christian Noyer a évoqué dans un communiqué les « rumeurs infondées qui touchent les banques françaises » et a souligné que « les résultats publiés par les banques françaises pour le premier semestre 2011 ont confirmé leur solidité dans un environnement économique difficile grâce à une gestion rigoureuse de leurs risques et un modèle de banque universelle qui repose sur des activités diversifiées ». « Les niveaux de capital, appréciés par les fonds propres les plus durs, sont adéquats et les programmes de refinancement à moyen et long terme sont réalisés dans des conditions tout à fait satisfaisantes », a -t-il ajouté.

Néanmoins la méfiance a gagné les partenaires asiatiques des banques françaises. Une banque en Asie a coupé ses lignes de crédit aux grandes banques françaises et cinq autres banques asiatiques seraient en train de revoir leurs crédits, ont indiqué jeudi à Reuters six sources bancaires. La hausse soudaine du sentiment de risque, associée à la chute brutale des cours des banques françaises mercredi, ont incité certaines banques en Asie à réexaminer leurs risques de contrepartie et à regarder si elles devaient réduire leur exposition aux établissements bancaires européens, ont expliqué ces sources asiatiques à Reuters.

Le responsable de la gestion des risques au sein d’une banque basée à Singapour a expliqué avoir coupé ses lignes de crédit aux grandes banques françaises en raison de risques perçus de contrepartie. « Nous avons coupé. Les limites ont été retirées du système. Il faut obtenir des autorisations pour chaque cas »a-t-il expliqué à Reuters, refusant d’être nommé en raison de la sensibilité du sujet. Il s’est refusé à nommer les banques concernées, indique l’agence. Des banquiers et des responsables du risque au sein de cinq institutions financières asiatiques, qui poursuivent leurs activités de prêts aux banques françaises, ont indiqué qu’ils passaient en revue les lignes de crédit long terme sur tous les types de transactions, tandis que les opérations de prêts à court terme allant jusqu’à 30 jours étaient toujours en place. « Il est évident que nous réexaminons les crédits », a dit le responsable des risques d’une banque à Singapour. « Tout est en rapport avec notre position sur le risque crédit des banques françaises qu’il s’agisse d’un swap ou d’une transaction de crédit interbancaire », a expliqué un autre banquier au sein d’une banque japonaise.

Interrogée sur ce changement de perception des banques asiatiques vis-à-vis des banques françaises, une porte-parole de BNP Paribas a répondu : « Nous ne commentons jamais les rumeurs de marché. » Le Crédit agricole n’a pas non plus souhaité faire de commentaire, tandis qu’aucun commentaire n’était disponible dans l’immédiat auprès de la Société générale.

Néanmoins, en fin de soirée, un communiqué de la BNP Paribas précisait : « En ce qui la concerne, BNP Paribas rappelle que, grâce à sa capacité bénéficiaire forte et récurrente basée sur un modèle économique diversifié et une gestion des risques rigoureuse, ses ratios de solvabilité n’ont cessé de se renforcer trimestre après trimestre, pour atteindre un ratio Core Equity Tier One de 9,6% au 30 juin 2011. Son bénéfice avant impôt du premier semestre 2011, publié le 2 août 2011, s’élève à 7,4 milliards d’euros et son bénéfice après impôt à 4,7 milliards et ce, après provisionnement conforme à l’accord du 21 juillet sur la dette grecque. La rentabilité des fonds propres alloués après impôts de BNP Paribas au premier semestre est de 13,8%, l’un des plus élevés des banques du monde occidental ».

Next Finance , Août 2011

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