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Le vent bientôt en poupe pour les spécialistes de la sélection de titres en Europe

Après des semaines ininterrompues d’appréciation, les marchés reprennent leur souffle. Les actions européennes ont sous-performé, prises en tenaille entre la réévaluation marquée des taux souverains et la montée de l’Euro. Les valeurs japonaises et émergentes ont mieux résisté.

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Les rotations sectorielles ont sanctionné les valeurs de l’énergie, en phase avec le repli des cours du pétrole et la reprise du dollar. Les actions du secteur de la santé ont subi une correction dans le sillage du discours sur l’état de l’Union et de l’annonce de l’alliance d’Amazon, de Berkshire et de JP Morgan pour le lancement d’une plateforme santé.

De leur côté, les hedge funds ont cédé une partie de leurs gains. Les fonds CTA et Global Macro ont sous-performé, pénalisés par leur exposition longue aux actions et à l’énergie. À l’inverse, les fonds Event Driven et L/S Neutral ont bien résisté. Les titres offrant des catalyseurs solides ont été relativement épargnés, tandis que les rotations des actions se sont avérées davantage liées aux secteurs qu’aux facteurs.

Nous examinons cette semaine l’environnement des spécialistes de la sélection de titres en Europe. Les opportunités semblent abondantes compte tenu du vaste éventail de titres bénéficiant d’un potentiel haussier, à la faveur de leur levier opérationnel et d’une accélération des opérations des entreprises.

De nombreux thèmes peuvent être par ailleurs exploités, notamment les réformes françaises, la consolidation des secteurs bancaires grecs et italiens, la reprise de l’investissement, etc.

Comme ailleurs, les corrélations se sont effondrées, suggérant des mouvements sans rapport les uns avec les autres. Dans ce contexte, les portefeuilles bénéficient d’un moindre risque de corrélation. En outre, la liquidité abondante et les conditions économiques permettent aux investisseurs de se concentrer davantage sur les sociétés. De fait, la différenciation entre valeurs s’intensifie, comme en témoignent les performances des actions enregistrées suite à la publication de résultats, de plus en plus influencées par les facteurs propres aux sociétés. La dispersion des actions demeure modérée mais supérieure à ce qu’implique le faible niveau de volatilité.

Le potentiel de génération d’alpha paraît important, mais devra se concrétiser une fois le risque politique dissipé. La reprise économique, les réformes menées en France, un gouvernement allemand plus europhile sont autant d’éléments qui augmentent la probabilité d’assister à des réformes dans la zone euro. La nature de ces réformes n’est pas encore déterminée alors que s’affrontent deux camps principaux, portés par les États membres du nord et ceux du sud de la zone. La dynamique politique actuelle suggère que l’augmentation des dépenses et le renforcement de l’intégration budgétaire ont de meilleures chances que les réformes en faveur d’un partage accru des risques financiers. Les élections italiennes représentent le principal risque. Quoiqu’un « Italexit » semble très peu probable, une issue électorale défavorable pourrait enrayer la dynamique de réformes dans la zone euro. Elle pourrait dissuader les investisseurs étrangers et mettre en doute la pérennité de la reprise européenne.

Sauf une surprise de taille en Italie, les perspectives semblent éclaircir pour les spécialistes de la sélection de titres en Europe.

Lyxor Research , 7 février

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