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Le stress chinois est-il démesuré ?

Les marchés actions européens ont subi une forte correction depuis le 13 août (-12,6 % pour l’Euro Stoxx 50). L’aversion au risque est surtout guidée par de très fortes inquiétudes sur la croissance de l’économie chinoise et la chute brutale de la Bourse de Shanghai qui a perdu 35% depuis mi-juin.

Les marchés actions européens ont subi une forte correction depuis le 13 août (-12,6 % pour l’Euro Stoxx 50). L’aversion au risque est surtout guidée par de très fortes inquiétudes sur la croissance de l’économie chinoise et la chute brutale de la Bourse de Shanghai qui a perdu 35% depuis mi-juin. D’autres facteurs aggravants interviennent, notamment la baisse continue du cours des matières premières et la démission d’Alexis Tsipras en Grèce.

L’ampleur du stress chinois est-elle démesurée ?

  • L’inquiétude des marchés n’est pas irrationnelle : la Chine représente à elle seule 13% du PIB mondial et 30% du PIB du monde émergent.
  • L’économie du pays multiplie les signaux de fragilité. Dernier en date : la publication d’un indice PMI manufacturier chinois en baisse de 0,7 point à 47,1, son plus bas niveau depuis début 2009.
  • Les autorités ont commis une erreur en prenant des mesures artificielles pour stabiliser le marché actions. Par ailleurs la baisse pilotée du yuan, si elle est justifiée au regard de la baisse des devises émergentes, a créé un mouvement de panique sur les marchés mondiaux.

Comment peut désormais évoluer l’économie chinoise ?

  • Si la tonalité générale est au recul, nous écartons toutefois la possibilité d’un « hard landing » (effondrement brutal et durable de la croissance chinoise autour de 1 à 3 %.)
  • L’économie chinoise ralentit indubitablement mais elle est surtout en phase de transformation. Le secteur immobilier et la production industrielle perdent de la vitesse alors que l’activité accélère dans les services depuis le début de 2014 et que la croissance de la consommation se maintient autour de 10%.
  • Les prochaines statistiques chinoises risquent d’être biaisées par l’effet de la catastrophe de Tianjin. Mais nous tablons sur une stabilisation de la croissance d’ici la fin de l’année.

Qu’attendre des Bourses européennes dans ce contexte ?

  • Focalisé sur les mauvaises nouvelles chinoises, le marché tend à ignorer les bonnes nouvelles venues d’Europe.
  • La hausse des PMI européens au mois d’août apporte un soulagement après plusieurs semaines décevantes. Les industriels Allemands tirent le mouvement de hausse, ce qui amène à relativiser l’ampleur de la contagion chinoise.
  • La poursuite de la croissance des BPA sera le principal catalyseur haussier des marchés actions européens au cours des prochains mois. Au deuxième trimestre 2015, 66% des entreprises de l’Euro Stoxx ont publié des BPA au-dessus des attentes et 67% ont publié des chiffres d’affaires au-dessus des estimations des analystes.

En résumé…

  • La situation chinoise incite à la prudence tant qu’aucun signal ne vient clairement rassurer sur l’activité des services et amorcer la stabilisation du marché actions local. Nous avons partiellement réduit nos expositions à la Chine (notamment sur LVMH et sur le secteur automobile.)
  • Avec un indice de volatilité (VSTOXX) à 40,8, le marché européen entame aujourd’hui un mouvement de capitulation. Nous restons toutefois optimistes vis-à-vis de la zone euro, qui bénéficie toujours d’une dynamique de résultats positive.

Marc Craquelin , Août 2015

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