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Le carbone : un nouveau facteur de performance sur les marchés d’actions

Selon Pierre Schoeffler, Global Asset Allocation et SRI Advisor La Française, en analysant les données les plus récentes sur les marchés d’actions au niveau global, il apparaît que le facteur carbone est en passe de devenir une source importante de performance...

La gestion basée sur des facteurs de performance spécifiques sur les marchés d’actions connaît en effet un succès de plus en plus marqué auprès des investisseurs. En tirant profit d’anomalies de marché statistiquement identifiées et expliquées par des biais comportementaux ou réglementaires, ces facteurs permettent de générer de la performance. Cinq facteurs principaux sont mis en avant aussi bien par le monde de la finance académique que par les praticiens : growth vs value, high vs low momentum, small vs big caps, low vs high volatility, high vs low quality.

La littérature académique ne reconnaissait pas jusqu’en 2014 l’existence d’un facteur low vs high carbon footprint sur les marchés d’actions significatif ou suffisamment stable en termes de rentabilité ajustée du risque. En revanche elle avait identifié la présence d’une prime de risque sur les rentabilités attendues des entreprises fortement émettrices de carbone et reconnaissait que la transparence de l’information sur les émissions de carbone bénéficiait à la valorisation et à la liquidité de ces entreprises.

En analysant les données les plus récentes sur les marchés d’actions au niveau global, il apparaît que le facteur carbone est en passe de devenir une source importante de performance. Considérant l’univers de l’indice MSCI ACWI, deux portefeuilles sont constitués : un portefeuille low carbon avec le quart des valeurs présentant les empreintes carbones les plus basses, et un portefeuille high carbon avec le quart des valeurs présentant les empreintes carbones les plus élevées.

Le portefeuille low carbon génère, sur les quatre dernières années, une surperformance de 2,9% par rapport au portefeuille high carbon, pour une volatilité moindre. Par rapport à l’indice MSCI ACWI, la performance du portefeuille low carbon est supérieure de 1,9% et celle du portefeuille high carbon inférieure de 1%.

La présence d’un facteur carbone sur l’immobilier coté au niveau global est encore plus ancienne et plus prégnante. Considérant l’univers de l’indice EPRA Global, un portefeuille low carbon est constitué avec la moitié des valeurs présentant la notation environnementale la plus élevée. Sur les onze dernières années, le portefeuille low carbon génère une performance supérieure de 5% à celle de l’indice EPRA Global pour une volatilité équivalente.

Le facteur carbone apparaît ainsi de plus en plus comme un élément de performance à prendre en compte dans la gestion d’un portefeuille investi en actions, et plus encore s’il s’agit d’immobilier coté. Que le facteur carbone soit à ce point rémunéré n’est finalement pas si étonnant si on considère que 40% des émissions anthropiques des gaz à effet de serre proviennent du secteur du bâtiment. Tout indique que les marchés mettent un prix implicite sur le carbone aux alentours de 100 euros la tonne, anticipant une taxation future ou la mise en place d’un véritable marché de droit à émettre.

Pierre Schoeffler , 3 août

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