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La quadrature du cercle

Concluant une semaine chargée en publications, le rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis n’a, de toute évidence, pas contenté les attentes des investisseurs, vendredi. Avec seulement 156 000 créations de postes recensées sur le mois d’août, le marché du travail ne génère pas autant d’emplois que les 180 000 attendus par le consensus...

Concluant une semaine chargée en publications, le rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis n’a, de toute évidence, pas contenté les attentes des investisseurs, vendredi. Avec seulement 156 000 créations de postes recensées sur le mois d’août, le marché du travail ne génère pas autant d’emplois que les 180 000 attendus par le consensus. Motif supplémentaire de déception, ce chiffre s’est accompagné d’une révision à la baisse de ceux publiés sur les deux mois précédents – à respectivement 189 000 en juillet et 210 000 en juin. Pourtant, ce recul n’a rien de surprenant si l’on regarde ceux publiés à la même période les années précédentes qui faisaient ressortir le même creux saisonnier.

Plus que les créations d’emplois ou le taux de chômage – ressorti à 4,4 % -, c’est surtout l’inflation salariale qui constitue un motif de déception. Le salaire horaire moyen n’a progressé que de 0,1 % à 26,39 dollars faisant ressortir une hausse de 2,5 % sur un an, à peine au-dessus du niveau d’inflation.

Cet indicateur faisant l’objet d’une attention particulière de la part de la Fed, il tend à étayer l’idée d’un nouveau statu-quo de l’instance à l’occasion de sa prochaine réunion les 19 et 20 septembre prochains.

Cette perspective conforte, certes, les marchés dans leurs anticipations mais n’en demeure pas moins surprenante. En effet, la politique des banques centrales est aujourd’hui au point mort alors que, parallèlement, l’environnement économique ne cesse de s’améliorer. En témoignent, les indicateurs publiés tout au long de la semaine passée.

Aux États-Unis, la croissance du PIB au deuxième trimestre a été revue à la hausse à 3 % contre 2,6 % estimés initialement. En zone euro, le PMI manufacturier s’est redressé à 57,4 points en août tout comme en Chine où il s’établit à 51,7 points sur la même période. Enfin, l’ISM manufacturier américain est ressorti vendredi en forte hausse à 58,8 points contre 56,3 en juillet. Ces chiffres confirment un peu plus le sentiment d’une reprise généralisée de l’économie mondiale. Mais phénomène paranormal latent, la dynamique actuelle ne génère toujours pas assez d’inflation, principal stimulus des politiques monétaires.

C’est actuellement la quadrature du cercle pour les grands argentiers qui peuvent toutefois espérer à l’aune d’une reprise généralisée – qui reste toutefois à être confirmée -, un retour tant attendu de l’inflation... De nature à démentir les anticipations actuelles des marchés.

David Ganozzi , 5 septembre

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