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La gestion passive a vécu, vive la gestion active !

Les niveaux de corrélation au sein des classes d’actifs tendent à baisser pour retrouver des niveaux standards, la hausse récente des taux d’intérêt et la normalisation des politiques monétaires réintroduisant des comportements et performances bien distincts, d’une classe d’actifs à l’autre. Dans ce contexte où la différenciation reprend ses droits, la gestion active devrait surperformer la gestion passive !

La gestion passive, également qualifiée d’indicielle, a connu un essor considérable depuis la crise financière. La corrélation élevée entre les différentes classes d’actifs entre 2008 et 2016 a soutenu ce style de gestion. En effet, pendant ce long cycle de sortie de récession, l’afflux de liquidités sur les marchés et la faiblesse des taux, sous l’impulsion de politiques monétaires ultra-accommodantes, ont encouragé de grands mouvements d’achats de la part des investisseurs.

Ces flux de capitaux ont été affectés sans réel discernement sur des segments jugés plus rémunérateurs que les traditionnels « taux sans risque », selon une logique de quête de rendement. Cela s’est traduit par des grandes décisions d’allocation vers des classes d’actifs obligataires plus risquées et les actions. L’investissement en actions s’est essentiellement réalisé via des ETF indiciels, à mesure que les indices ont rebondi à partir de points bas, si bien que les actifs sous gestion de ces fonds sont passés de 750 milliards de dollars en 2008 à près de 3 500 en 2016, à l’échelle mondiale !

La surperformance des grands indices s’est auto-entretenue, non pas sur la base de fondamentaux, mais avant tout grâce à l’effet « flux » qu’ont drainé les capitaux investis en ETF.

Vers un comportement normalisé des marchés, avec des leviers de dé-corrélation retrouvés

Mais désormais, la gestion active doit à nouveau être plébiscitée sur les marchés actions. Les niveaux de corrélation entre les actions tendent à baisser pour retrouver des niveaux standards, la hausse récente des taux d’intérêt et la normalisation des politiques monétaires réintroduisant des comportements et performances bien distincts en fonction des fondamentaux. Dans ces conditions, une sélectivité des titres redevient source de valeur ajoutée, y compris au sein des secteurs, pour pouvoir profiter des rotations sectorielles ou de style...

Par exemple, un titre dit « value » voit son profil évoluer mécaniquement vers un style « croissance » si, toute chose égale par ailleurs, son prix augmente : c’est pourquoi, pour conserver toute la pureté d’une stratégie « value », le gérant a tout intérêt à développer une approche assez dynamique qui permette un renouvellement régulier des valeurs, en cédant les titres « value » devenus « growth », pour des prises de bénéfices, et en réinvestissant dans d’autres valeurs identifiées comme étant injustement décotées. Autant d’arbitrages générateurs de valeur qu’un gérant passif ne fera qu’une fois par an, lors du re-balancement de l’indice qu’il suit.

Un momentum favorable aux « mid caps » américaines, qui milite en faveur des gestions actives

Enfin, la nouvelle donne de la politique économique américaine aura aussi ses effets sur la façon d’appréhender les marchés. Les mesures de stimulation fiscale, d’investissement public massif dans les infrastructures et de relance de l’activité domestique aux Etats-Unis devraient profiter avant tout aux moyennes et petites capitalisations, un segment qui est historiquement plus sensible au dynamisme économique national. C’est ainsi qu’au cours des dix cycles de hausse des taux de la Fed depuis 1926 (synonyme de reprise économique), les « small caps » ont surperformé leurs homologues des grandes capitalisations : durant les douze mois qui ont suivi les périodes de relèvement des Fed Funds, les small caps ont affiché une performance de 14,5%, contre 10,5% pour les large caps.

Or, s’il est un domaine dans lequel la gestion active est nécessaire pour performer, c’est évidemment celui des moyennes et petites capitalisations. La gestion active va retrouver ses lettres de noblesse !

Dominique Leprévots , 16 février

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