AVIVA Advertisement AVIVA
›  Note 

Inde : Un cas d’école de l’investissement fondamental

Selon Avinah Vazirani, gérant du fonds Jupiter India Select chez Jupiter Asset Management, les obstacles qui avaient entravé le développement de l’Inde sont en de train de s’aplanir, le pays est en train de rattraper le temps perdu et le fait vite, l’élection de Narendra Modi a permis de relancer des projets jusqu’ici bloqués et a déclenché de nouvelles réformes...

Article aussi disponible en : English EN | français FR

  • L’économie domestique et la croissance de la classe moyenne sont les moteurs de long terme du pays
  • Les entreprises locales sont de plus en plus compétitives et leur gouvernance s’améliore de jour en jour

Qu’est-ce qui rend ce pays unique ?

Sa population. Avec 1.3 milliards d’indiens, le pays représente à lui seul un cinquième de la population mondiale. En plus d’être d’une taille très importante, la population est aussi remarquablement jeune. Alors que les pays développés se débattent dans des problématiques liées au vieillissement de la population, la majorité des indiens ont moins de 35 ans (environ 70%) et l’âge médian est de 27 ans. Et pourtant même si la société et l’économie évoluent vite, l’Inde est encore loin derrière l’Occident en termes de stade de développement.

Est-ce que l’Inde est en train de se rattraper ?

Oui. Et certains chiffres donnent une idée de la vitesse à laquelle cela se passe. Par exemple, l’accès à internet : en 2010, l’Inde comptait moins de 20 millions d’abonnements internet. A fin 2015, il y en avait 350 millions et on s’attend à ce que cela est plus que doublé d’ici 2020 [1] et que ce chiffre atteigne les 730 millions. Les voyages en avion sont un autre indicateur pertinent : au Royaume-Uni, les gens prennent en moyenne l’avion deux fois par an. Dans les pays asiatiques les moins développés, comme la Thaïlande, les gens prennent l’avion un peu moins d’une fois par an en moyenne. En Inde, la moyenne actuelle s’établit à 0.08 vols par an [2]. Mais les revenus des indiens augmentent très rapidement et la classe moyenne urbaine (c’est-à-dire la population dont les revenus s’échelonnent de 10 à 100 dollars par jours) devrait passer de 50 millions aujourd’hui à 475 millions de personnes d’ici 2030 [3]. Le rattrapage actuel de l’Inde devrait continuer à faire émerger des opportunités commerciales et être un moteur de croissance rapide.

C’est d’ailleurs déjà le cas : en 2015, la croissance indienne a été de 7.2%, plus importante que celle de la Chine.

Où en sont les blocages ?

Ce processus de rattrapage n’est pas nouveau, mais pendant des années le développement de l’Inde a été entravé par des blocages, des obstacles à sa croissance comme notamment un manque cruel d’infrastructures appropriées (qu’elles soient physiques, comme les routes ou les chemins de faire, ou sociales, comme l’éducation ou l’accès aux soins) et une législation datée et beaucoup trop restrictive. Dans le passé, une série de gouvernements de coalition ont échoué à créer un mouvement de fond à même de résoudre ces problèmes. Mais l’élection en 2014 du gouvernement pro-entreprises de Narendra Modi à une large majorité et le mandat qui lui a été donné pour engager des réformes dans des domaines cruciaux sont des éléments positifs majeurs pour le pays. En plus de relancer des projets bloqués, les initiatives du gouvernement Modi en termes d’inclusion financière ont été une vraie réussite ; comme le fait d’avoir relié compte bancaire, sécurité sociale et assurance vie à une carte d’identité biométrique pour toute la population. Cela a commencé par permettre de sortir de la pauvreté des millions d’indiens tout en faisant passer d’une économie souterraine au circuit bancaire classique des pans entiers de l’économie.

De plus, le gouvernement de Narendra Modi a déjà bien avancé sur la mise en place d’une seule Taxe sur les Biens et Services, au lieu d’un patchwork totalement inefficace de taxes propres à chaque Etat. Ceci devrait améliorer drastiquement l’efficacité de l’activité économique de l’Inde et à ce, à tous les niveaux.

Quelles vont être les entreprises qui vont le plus bénéficier de ces améliorations ?

Dans le passé, les investisseurs internationaux en Inde n’avaient d’yeux que pour ses exportations de services, favorisant les entreprises qui utilisaient une force de travail relativement bon marché et anglophone comme service-clients mondial, notamment dans l’industrie IT et dans le secteur des telecoms. Aujourd’hui, nous pensons que les belles histoires seront majoritairement liées à l’économie domestique de l’Inde et à sa classe moyenne de plus en plus importante.

Est-ce que les entreprises locales sont compétitives ?

Oui. Aujourd’hui, l’Inde est riche d’entreprises innovantes et de bonnes qualités qui sont prêtes à répondre aux nouveaux besoins des consommateurs indiens. Son marché actions est immense et bien diversifié avec plus de 4000 entreprises cotées pour une capitalisation totale de 1200 milliards de dollars. Cela va de la compagnie aérienne locale qui peut satisfaire l’explosion de la demande de transport aérien, aux entreprises pharmaceutiques innovantes qui sont à pied d’égalité avec leurs concurrents internationaux.

La gouvernance d’entreprise, qui était cauchemardesque par le passé, s’est fortement améliorée, et l’Inde est d’ores et déjà mieux noter que la Chine sur la manière dont sont en moyenne gérées ses entreprises.

Par quel biais peut-on avoir accès à cette croissance ?

En tant que stock-picker ayant une longue expérience de l’investissement en Inde et la flexibilité pour pouvoir investir aussi bien dans une entreprise de taille moyenne que dans une grosse entreprise plus connue, nous pensons que nous avons à la fois la capacité et l’expertise nécessaire pour construire un portefeuille qui ne cible pas seulement les entreprises bien établies d’aujourd’hui mais aussi les entreprises dont nous pensons qu’elles seront les géants de demain.

Avinash Vazirani , Novembre 2016

Article aussi disponible en : English EN | français FR

Notes

[1] Source : The future of internet in India (2016), Nasscom and Akamai Technologies

[2] Source : Banque Mondiale

[3] Source : Ernst & Young

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Note ETF et risques associés : l’AMF apporte un éclairage sur le marché français des fonds indiciels cotés

Selon l’étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), les mécanismes de coupe-circuits en vigueur sur Euronext Paris permettent de contenir le risque d’écartement important entre le prix négocié de l’ETF et la valeur liquidative instantanée du panier (...)

© Next Finance 2006 - 2017 - Tous droits réservés