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Fitch : La diversification est un défi majeur pour les fonds d’obligations vertes

D’après Fitch Ratings, la diversification est le principal défi pour les fonds d’obligations vertes puisque le nombre d’émetteurs est limité et concentré dans certains secteurs. Pour les gestionnaires actifs, il sera donc plus difficile de se différencier par rapport à la concurrence, ce qui augmente la menace venant des ETF spécialisés sur ce segment de marché.

La taille de l’univers investissable des obligations vertes dépend des définitions et des caractéristiques spécifiques à chaque fonds, mais nous estimons qu’il existe environ 100 émetteurs, comparativement aux 3 000 sur le marché global. Beaucoup de ces émetteurs sont positionnés sur une poignée de secteurs, tels que les supranationaux, les "utilities" et les collectivités locales, alors que des secteurs comme la banque et l’énergie, qui représentent une grande partie du marché obligataire, y sont actuellement sous-représentés.

Le nombre limité d’émetteurs crée un risque de concentration par rapport aux autres fonds investis sur les obligations d’entreprises en général, qui peut-être exacerbé par des critères d’investissement supplémentaires imposés par la plupart des fonds ou par une préférence pour les obligations placées à un certain point sur le spectre de la qualité du crédit. Par exemple, les fonds peuvent choisir de ne pas être investis sur des secteurs particuliers, indépendamment du fait que l’obligation soit verte ou pas, comme cela s’est produit lorsque Repsol a émis un emprunt vert de 500 millions d’euros en mai dernier. Certains fonds atténuent ce risque en achetant une certaine proportion d’obligations non vertes provenant d’émetteurs répondant à des critères écologiques plus larges.

Les fonds d’obligations vertes que nous avons examinés ont également généralement une plus grande exposition aux titres appartement à la catégorie de notation « BBB » par rapport aux indices d’obligations vertes.

Cette préférence pour ces titres de moindre qualité est conforme aux autres fonds d’obligations d’entreprises et traduit une recherche de rendement. Mais cela augmente également les risques de concentration, avec seulement 22 émetteurs de catégorie « BBB » dans l’indice Green Bond de Bank of America Merrill Lynch.

L’appétit des investisseurs pour le secteur des fonds durables est fort et nous estimons que les encours investis dans les fonds d’obligations vertes ont augmenté de plus de 400 % depuis la fin 2015, même si la base de départ est très faible.

Toutefois, le lancement par Lyxor d’un ETF vert au début de cette année pourrait entraver les perspectives des gérants.

La tendance des fonds passifs à cannibaliser les fonds actifs a été clairement établie sur le marché en général ; face à la diversification limitée du secteur des obligations vertes, il est plus difficile pour les fonds gérés activement de se différencier des indices et la faible taille du secteur crée le risque que les fonds actifs soient évincés.

Compte tenu de ces risques, 2018 pourrait constituer une année cruciale pour le développement futur du secteur des fonds obligataires verts, car plusieurs d’entre eux disposeront d’un track-record de trois ans, ce qui est le minimum requis pour de nombreux investisseurs institutionnels avant d’envisager d’y investir.

Alastair Sewell , Monica Insoll , Simon Kennedy , 10 août

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