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Draghi sort son bazooka

A peine son arme dégainée, Mr Draghi s’est empressé de la ranger puisqu’il est peu probable qu’elle soit très utilisée. En effet, la liste des candidats susceptibles de bénéficier de ces achats obligataires illimités est réduite, seule l’Irlande satisfaisant actuellement aux deux conditions imposées par la BCE pour intervenir sur le marché.

Mr Mario Draghi, le président de la BCE, a finalement sorti son bazooka pour sauver la monnaie unique. La BCE a en effet annoncé qu’elle achèterait pour des montants illimités des emprunts d’Etat de maturité comprise entre 1 et 3 ans, dans le cadre de son nouveau programme baptisé « Outright Monetary Transactions (OMT) ».

Toutes ses interventions seront stérilisées afin de ne pas avoir un effet inflationniste. Ce programme d’achat illimité d’emprunts d’Etat est néanmoins conditionnel et ne pourra se faire qu’à condition que le gouvernement du pays concerné accepte d’appliquer le programme d’ajustement économique imposé par le FESF/MES et de revenir sur le marché obligataire primaire.

La BCE a également assoupli ses exigences en termes de collatéral, comme attendu par les investisseurs. Il n’a pas cependant réduit son taux de refinancement, en dépit de la détérioration de ses perspectives économiques en 2012 et 2013.

La croissance du PIB réel devrait s’établir à -0,4 % en 2012 puis se redresser pour atteindre +0,5 % en 2013.

A peine son arme dégainée, Mr Draghi s’est empressé de la ranger puisqu’il est peu probable qu’elle soit très utilisée. En effet, la liste des candidats susceptibles de bénéficier de ces achats obligataires illimités est réduite, seule l’Irlande satisfaisant actuellement aux deux conditions imposées par la BCE pour intervenir sur le marché.

Le Portugal pourrait être le prochain bénéficiaire, compte tenu du programme d’ajustement mis en oeuvre, mais il n’est pas encore revenu sur le marché primaire. Mr Draghi n’a pas donné de précision quant au programme d’ajustement qui serait réservé à l’Espagne si elle demandait l’aide du FESF/MES.

Cela a contribué à redonner beaucoup de crédibilité à la BCE et Mr Draghi, dont la performance lors de la conférence de presse de la BCE a été saluée comme un véritable « coup de maître ».

Il y a cependant encore de nombreuses incertitudes : quelle institution devra notamment s’assurer du respect des conditions imposées ? Que se passera-t-il si les objectifs économiques ne sont pas atteints ? La BCE stoppera-t-elle alors son programme d’achats obligataires ou commencera-t-elle à vendre ses titres ?

Quoiqu’il en soit, les actions de la BCE ont eu pour effet de rendre sa politique monétaire encore plus efficace au sein de la zone euro, les taux de rendement obligataires à deux ans continuant de se resserrer.

Un assouplissement monétaire coordonné au niveau mondial.

Compte tenu de l’action de la BCE et des derniers signaux envoyés par Ben Bernanke, le président de la Fed, qui se tient prêt à assouplir davantage sa politique monétaire si nécessaire, il convient de s’interroger à nouveau : sommes-nous à la veille d’un assouplissement monétaire coordonné au niveau mondial ? Bien que la Banque d’Angleterre n’ait rien fait la semaine dernière à l’issue de la réunion de son comité MPC, il est probable qu’elle annonce une expansion de son QE au quatrième trimestre.

David Shairp , Septembre 2012

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