Comment construire un portefeuille actions « robuste » limitant la volatilité et amortissant les baisses ?

Avec la baisse des rendements obligataires, les investisseurs doivent se tourner vers des solutions alternatives pour préserver un niveau acceptable de rentabilité des capitaux. Cela passe par la recherche d’opportunités sur d’autres actifs plus volatils notamment les actions.

Elles présentent un profil intéressant : niveau de valorisation et de dividende attractif, protection contre l’inflation et moindre sensibilité à la hausse des taux. Des inconvénients majeurs existent cependant : une forte volatilité et un potentiel de perte important sur courte période. Nous avons cherché des solutions pour construire un portefeuille actions « robuste » visant à atténuer ces écueils.

Par portefeuille robuste, nous entendons une stratégie qui limite la volatilité et qui amortit les phases de baisse des actions. Pour cela, nous avons exploré plusieurs pistes de recherche :

1. L’anomalie faible Beta : cela consiste à investir dans un portefeuille de titres à faible Beta. Ces derniers ont tendance à amortir les baisses tout en participant de façon importante aux phases de hausse. Ce comportement est confirmé par la simulation qui présente un portefeuille équipondéré faible issu du modèle propriétaire de risque actions que nous avons développé contre le marché actions.

Un inconvénient majeur demeure, la stratégie protège correctement dans des phases normales de baisse mais pas dans les krachs puisque les pertes maximales des deux stratégies sont très voisines de l’ordre de 50%.

2. L’extraction de rendement sur un portefeuille actions : cela consiste à vendre des options d’achats sur des titres actions en portefeuille afin d’« extraire » un rendement supplémentaire lié à la vente de la prime de l’option. Ces stratégies réduisent la volatilité mais protège de façon très marginale contre le risque de perte extrême.

3. Stratégie de couverture contre le risque extrême : Ce sont des stratégies quantitatives qui visent à détecter une tendance baissière sur les actions au début du mouvement. Elles jouent alors le rôle de coupe-circuit via la vente de futures sur actions afin de diminuer l’exposition actions du portefeuille. Ces stratégies ne s’activent que très rarement et ne peuvent se concevoir qu’en association avec un portefeuille actions déjà constitué.

Notre stratégie propriétaire de couverture via détection de changement de tendance associé à notre portefeuille faible Beta a couvert efficacement contre le krach de 2009, la perte maximale passant de près de 60% à 30%.

4. Gestion dynamique du Beta : via l’achat ou la vente de future sur indice actions, cela vise à accentuer le caractère convexe des stratégies en augmentant l’exposition aux actions après une forte baisse pour mieux participer au rebond et inversement. Ces stratégies sont très dépendantes du comportement du portefeuille sous-jacent. Il est en effet très difficile de renforcer une exposition actions si le portefeuille a énormément souffert de la baisse des actions. Vous n’avez alors plus la marge de manoeuvre suffisante pour pourvoir mettre la stratégie en oeuvre

Conclusion

Comme toujours en finance, il n’existe pas de méthode parfaite. Pour construire un portefeuille « robuste », seule une approche combinée peut apporter une réponse satisfaisante. Elle nécessite un processus d’investissement rigoureux et beaucoup de savoirfaire pour additionner les avantages des stratégies individuelles plutôt que de les atténuer.

Pierre-Alexis Dumont , Juillet 2013

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