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Capital Fund Management : Simply the best ?

Le fonds Discus, un des fonds phares de CFM, a réalisé sur les 10 premiers mois de l’année une performance de 23%, meilleur score connu à ce jour sur l’ensemble des fonds systématiques mondiaux, confirmant le savoir faire du gérant français qui, depuis plus de 10 ans, aligne des performances exceptionnelles…

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L’année devrait se terminer de la meilleure des façons pour Capital Fund Management. Avec une performance de 23% depuis janvier 2011 pour son fonds Discus, la société fait mieux que tous les gérants européens ou américains spécialisés dans le trading systématique. Selon l’ensemble des bases de données disponibles pour ce type de fonds, Discus ferait mieux que les grands noms du secteur tels que Renaissance Institutional Futures Fund de Renaissance Technologies, Capital Winton Futures Fund de Winton Capital Management, Man AHL Diversified de Man Investments,Tudor Tensor de Tudor Investment Corp ou encore Aspect’s Diversified Programme de Aspect Capital.

Et, il serait difficile de parler de chance ou d’évènement rare : Depuis plus de 10 ans, la société de gestion affiche des résultats convaincants. L’analyse des performances du fonds diversifié Stratus, ouvert aux investisseurs, et qui investit de façon équipondérée dans les 3 stratégies spécifiques de CFM que sont Discus, Ventus et Nimbus, montre une complète décorrélation du fonds au S&P 500.

De surcroît, selon les données fournies par le Hedge Fund Journal, entre février 2002 et avril 2009, Stratus affichait 70% de mois avec un rendement positif contre 59% pour le S&P 500, avec une performance annuelle de 10,3% contre -3.5% pour le S&P 500 sur la période. Le tout, avec une volatilité de 6,2% pour Stratus, contre 15,6% pour le S&P 500.

Afin d’aligner leurs intérêts à ceux de leurs clients, les dirigeants et salariés de Capital Fund Management ont investi dans Stratus. Ils détiennent aujourd’hui 4% du fonds.

Discrétion et modestie

Pour autant, si Capital Fund Management jouit d’une excellente réputation au près de gestionnaires de fonds de fonds ou de spécialistes du trading systématique, elle reste peu connue en France. La politique du gérant français est de donner un minimum d’informations, la maison se voulant prudente et modeste. Ses fondateurs, discrets, sont aux antipodes de l’image des « frenchies » arrogants, sûrs d’eux et très causeurs. Peut être une conséquence des difficultés traversées par la société pendant plusieurs années.

Après avoir bataillé pour faire croître la collecte, les actifs sous gestions passant de 145 millions à 3,1 milliards de dollars entre 2001 et 2007, Capital Fund Management a vu ses encours chuter de plus de 10% suite à la faillite de Sentinel Management Group. Cette société, basée à Northbrook dans l’Illinois, était chargée de gérer la trésorerie des sociétés de gestion et des clients fortunés en investissant à très court terme sur des actifs liquides et de qualité. Sentinel a gelé les fonds des clients le 14 août 2007, prétextant la forte volatilité des marchés du crédit. La société, poursuivie par la FED pour avoir utilisé en compte propre les avoirs de ses clients, fera faillite quelques jours plus tard, engloutissant au passage 407 millions de dollars d’actifs appartenant à Capital Fund Management. Malgré la carte de la transparence jouée par le président du fonds à cette époque, Jean-Pierre Aguilar, la décollecte sera importante. Certains investisseurs inquiets retirent leurs fonds et provoquent une baisse de 20% des encours.

Deux ans plus tard, un évènement ô combien plus dramatique allait heurter la société de gestion. Au cours de l’année 2009, Jean-Pierre Aguilar allait trouver la mort lors d’un accident de planeur dans les Alpes. Apprécié par ses équipes, le choc fut brutal et Capital Fund Management dut gérer la forte émotion que suscita ce triste évènement en son sein. C’est avec beaucoup de pédagogie et de collégialité que réagit la société de gestion, renouant ainsi avec sa marche en avant, malgré la difficulté que constitue la perte d’un extraordinaire meneur d’homme.

Une révolution physicienne en sciences économiques

Aujourd’hui, l’entreprise est gérée en complète collégialité entre deux Directeurs Généraux et un Président.

Marc Potters, co-CEO, dirige la R&D. Il supervise la recherche et l’implémentation des stratégies, des automates d’exécution ainsi que des modèles de contrôle des risques pour les fonds. Il est titulaire d’un doctorat en physique de l’université de Princeton.

Jacques Saulière, co-CEO, est responsable administratif des fonds, du back-office, des comptes clients et des relations avec les prime brokers, les administrateurs, les auditeurs et les autorités de tutelle. Diplômé de l’École Centrale de Paris, il est aussi titulaire d’un Master en Electrical Engineering de l’University of Southern California et d’un MBA de l’INSEAD.

Jean-Philippe Bouchaud, Président de la société de gestion, est également responsable scientifique. En 1994, il a fondé avec Jean-Pierre Aguilar, la société Science et Finance, qui a fusionné avec Capital Fund Management en Juillet 2000.

Ancien élève de l’Ecole Normale de la rue d’Ulm, il a fait sa thèse sur les transports des gaz polarisés. Entré comme chercheur au CNRS, il s’est intéressé entre autres, aux problèmes aussi variés que le refroidissement des atomes, les solutions de polymères, la plasticité des solides ou la possibilité d’un état super solide. Il a obtenu le prix IBM jeune chercheur et la médaille d’argent du CNRS. Aujourd’hui, détaché du Centre de l’Energie Atomique (CEA), il cherche à montrer comment les méthodes statistiques peuvent se décliner dans de nombreux domaines où la notion de complexité s’avère pertinente.

Il propose une véritable « révolution physicienne » dans la manière de pratiquer les sciences économiques en accordant, en amont des grands concepts, une plus grande place aux données empiriques et donc à l’expérimentation. Il juge en effet qu’en économie, contrairement aux sciences physiques, les belles hypothèses et la beauté conceptuelle prennent une place beaucoup trop importante (Rationalité des agents, Efficience et Equilibre des marchés, Théorème de Markovitz, Modèle de Black & Scholes, etc) et ce, même si elles ne sont finalement pas vérifiées empiriquement.

C’est ainsi que les dirigeants de la société de gestion ont fait le choix de recruter des physiciens, de préférence sans bagages en économie ou en finance. Sur la centaine d’employés de la compagnie, on dénombre plus de 35 docteurs en physique. Les diplômés d’école de commerce ou d’économie sont rares. L’analyse des données y est fondamentale. Capital Fund Management enregistre des masses de données gigantesques, près d’un térabit de données par jour. Ses équipes vont s’atteler à des sujets aussi pointus que la structure temporelle de l’impact des transactions sur les prix, le caractère endogène des mouvements de marchés ou encore les solutions sous-optimales dans le choix des agents (les biais cognitifs, les décisions dans l’urgence, la négligence, etc…).

Une approche théorique et surtout expérimentale qui se traduit de façon concrète dans les 3 stratégies du fonds. En termes de talents et de compétences, Capital Fund Management n’a strictement rien à envier aux grands fonds quantitatifs anglo-saxons. Pourtant, la différence reste encore très nette entre sa notoriété et ses encours comparés à ceux des fonds tels que DE Shaw, Renaissance technologies, Man Investment ou Winton Capital Fund Management.

Capital Fund Management gère environ 4 milliards de dollars, un tiers des fonds provenant des fonds de fonds et un autre tiers des fonds de pension. « Ce type de fonds est un peu trop compliqué à nos yeux et nous n’en comprenons pas toujours les risques, il nous est donc difficile d’y investir » nous avouait récemment un investisseur institutionnel français. Tout un travail pédagogique reste encore à faire en France. L’essentiel des investisseurs institutionnels étant anglo-saxons même si la moitié des investissements provient d’Europe.

Yann Olivier , Novembre 2011

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