AVIVA Advertisement AVIVA
›  Portrait 

Brian Tall, Consultant dérivés actions

Après plusieurs années passées chez un éditeur de progiciels financiers, Brian Tall nous explique ce que doivent être les qualités d’un bon consultant et nous raconte une de ses premières missions en Suisse...

Octobre 2004, cela faisait bientôt deux ans que j’avais été recruté comme « consultant actions ». Lorsque vous êtes junior fraîchement débarqué, vous avez souvent hâte d’être envoyé en mission, sauter en taxi, prendre l’avion et dormir dans des hôtels quatre étoiles. Malheureusement il faut se montrer patient et cela à juste titre. Vos supérieurs doivent au préalable vous juger suffisamment prêt et autonome pour pouvoir représenter votre boîte chez un client.

Cela n’a pas tout à fait été mon cas pour ma première mission. La veille, je travaillais sur des feuilles « Excel » au bureau, cherchant à reconstituer les flux d’un deal pour un client qui avait quelques doutes sur les résultats fournis par notre progiciel lorsque mon boss m’informa que je devais rejoindre Zurich pour un road show chez un client suisse, afin de remplacer un collègue senior malade.

Le lendemain matin, accompagné du responsable des ventes qui m’avait rejoint en dernière minute, je faisais face à une dizaine de personnes (Responsables de desk, Traders, Quants...) pour leur présenter notre nouveau module « Dérivés sur actions ».

Nous avions déjà mis en production le produit chez de nombreux autres clients, c’est un avantage indéniable ! Beaucoup de banques ne souhaitent pas être des « cobayes ».

10-12 heures : Après avoir expliqué aux traders comment « pricer » et « customiser » un ensemble de « Payoffs », je fais face à une batterie de questions. C’est un exercice périlleux, il est très difficile de comprendre le langage et les expressions des traders. Il ne faut pas hésiter à leur demander de reformuler leur question ! Les Juniors ont parfois peur de le faire et pourtant c’est nécessaire.

14 heures : Les Traders ont beaucoup insistés sur la méthodologie de « hedge ». Ils veulent « bench marker » le module avec leurs outils habituels, et voir si les résultats convergent. Je suis donc invité à reconfigurer un portefeuille et effectuer des tests avec un jeu de données. C’est toujours un exercice délicat. Je suis sur la braise. Il ne faut pas que l’outil me lâche ! Je redoute un bug ou une lenteur excessive de notre module.

15 heures : Finalement, tout se déroule pour le mieux, les traders ont l’air satisfait. Ils souhaiteraient néanmoins que dans le futur, le design et les couleurs soient changés afin que l’outil leurs paraisse plus « user friendly ».

16 -18 heures : Cette fois ci, c’est l’équipe de recherche quantitative qui me passe à la moulinette.Ils regardent nos modèles et la méthodologie utilisée, ils sont très critiques. Je fais face, il faut se montrer diplomate. J’essaie d’expliquer que les hypothèses et les approximations que nous avons effectuées, même si elles sont contestables, rendent le hedge stable et donnent une très bonne approximation du prix final. Ils restent sceptiques, mais il faut dire que d’une façon générale, les quants des banques ne nous rendent pas la vie facile et nous perçoivent parfois comme des concurrents. Ceci explique peut être cela...

19 heures : C’est l’heure du départ pour l’aéroport, rien n’est encore décidé. L’achat ne se décide pas en un jour. Nous échangerons encore beaucoup par e-mail, et nous reviendrons peut être ici au sujet de ce nouveau module.

Le responsable des ventes me félicite, il juge que je m’en suis plutôt bien sorti pour un « novice »...

En résumé pour les Juniors qui veulent se lancer dans ce métier, sur des postes du type consultant Taux, Crédit, Change ou Action, il vaut mieux être :
- au minimum bilingue,
- plutôt assez bon en maths (capable de comprendre les modèles et expliquer la méthodologie utilisée par nos quants et développeurs)
- avoir des connaissances informatiques de base (c’est souvent vous-même qui installez l’application chez le client)
- diplomate

Et surtout, dites vous toujours bien une chose, le client est roi...

Paul Monthe , Décembre 2007

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Portrait Une journée avec un analyste corporate finance

John Edwards est en charge de la couverture des secteurs de l’environnement et énergies renouvelables au sein d’une banque britannique. Il nous décrit une journée classique de travail.

© Next Finance 2006 - 2017 - Tous droits réservés