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Aucun incident en vue

Pour les marchés émergents, 2015 a été une année de vérité. Dans un contexte de déclin rapide de leur croissance et d’insuffisance des réformes politiques, la baisse continue du cours des matières premières, l’atonie du commerce mondial et les importantes sorties de capitaux ont abouti à une forte correction sur les marchés des devises et des actions émergentes...

Pour les marchés émergents, 2015 a été une année de vérité. Dans un contexte de déclin rapide de leur croissance et d’insuffisance des réformes politiques, la baisse continue du cours des matières premières, l’atonie du commerce mondial et les importantes sorties de capitaux ont abouti à une forte correction sur les marchés des devises et des actions émergentes. Pour la première fois depuis 2010, début du ralentissement dans les pays émergents, les marchés semblent revenir à une approche plus réaliste.

Ce changement important ouvre la voie à une phase de reprise. La dépréciation des devises de 40 % en moyenne face au dollar sera un soutien particulièrement appréciable. En premier lieu, une forte baisse des devises secoue l’inertie des décideurs politiques et les incite à la réforme. Si une pression s’exerce, il faudra prendre des mesures impopulaires de renforcement de la structure économique qui pourront jeter les bases de la croissance à venir. En second lieu, une devise plus faible réduit les déficits courants et fait redescendre le marché du crédit à des niveaux plus sains en raison de la hausse des taux d’intérêts. Une diminution consécutive des déséquilibres économiques permettra de nouveaux investissements et une hausse de la consommation.

Il est aussi indispensable de faire preuve de plus de réalisme sur les opportunités de croissance offertes par le monde émergent. Il s’agit d’éviter de nouvelles baisses surprises et les turbulences de marché qui y en découlent.

Les économistes prévoient à présent un taux de croissance de 4,5 % pour les marchés émergents en 2016. Si ce chiffre est encore assez élevé, il est toutefois peu probable que cette prévision s’avère surévaluée de plus d’un demi-point de taux. L’année dernière, les perspectives pour 2015 étaient surévaluées de plus d’un point. Le ralentissement de la croissance en Chine et dans les autres pays émergents aurait pu aisément engendrer une sévère correction, voire une panique de marché en août. Les risques de répétition d’un scénario identique l’année prochaine ont été réduits.

Par rapport à la situation que nous avons connue depuis plusieurs années, un rééquilibrage des risques sur les marchés émergents a en effet été opéré à la suite de la correction du marché monétaire et du marché des actions, conjuguée à une révision à la baisse des prévisions.

En face des risques liés au fort ralentissement de la Chine, à la crise de la dette au Brésil et à la capitulation des marchés émergents de devises, il existe aujourd’hui aussi des facteurs propices à la hausse. Si les autorités chinoises mènent à bien leur effort de stabilisation de l’économie et qu’il n’y a pas de défaillances majeures dans les pays marqués par une croissance excessive du crédit comme la Malaise, la Thaïlande, la Turquie et le Brésil, les marchés pourront commencer peu à peu à anticiper une reprise de croissance. La hausse des prix dont le niveau est actuellement faible pourrait conduire, au vu d’une reprise qui se rapproche, à une réaction favorable du marché, une appréciation des devises et une baisse des taux d’intérêts. Pour ce faire, il est nécessaire que le processus inévitable de désendettement dans les pays émergents se poursuive sans incident majeur.

Maarten-Jan Bakkum , Novembre 2015

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