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Actions chinoises : tous les feux sont au vert

Selon Eva Balligand, gérante de VEGA Emerging et VEGA Grande Asie, la stabilisation de l’économie chinoise reste le soutien majeur pour qu’un nouveau cycle d’expansion mondial émerge. Ce dernier devrait se traduire par la hausse des valeurs cycliques, des secteurs liés aux matières premières, des marchés émergents et tout particulièrement de la Chine.

Après de nombreuses craintes en 2016 et l’impact de l’élection de Donald Trump, le marché chinois respire !

Après de nombreuses craintes en 2016 et l’impact de l’élection de Donald Trump, le marché chinois respire ! Mieux, il porte, en ce début d’année, l’ensemble des marchés émergents : + 12.66 % pour le MSCI China, contre 11.05 % pour le MSCI Emerging Markets (au 03/04/2017). Si de nombreuses incertitudes perdurent, comme sur l’évolution du crédit en Chine ou sur les conséquences des « attaques » de l’administration Trump, un atterrissage en douceur semble se confirmer et de bonnes nouvelles émanent de Chine.

Au niveau macroéconomique, les derniers indicateurs rassurent, sur le plan manufacturier comme sur les services. En février, la balance courante est apparue déficitaire, suite à une forte hausse des importations : ceci démontre le dynamisme de la construction et confirme l’accélération de l’activité économique. Début mars, lors du Congrès du Peuple, le Premier ministre a annoncé le maintien d’un objectif de croissance de 6,5 % lors du Congrès du Peuple. Concernant le crédit, le désendettement se matérialise dans certains segments : celui des sociétés non financières du MSCI China est effectif depuis 2013, alors que la réduction des prêts bancaires aux entreprises en renminbi (RMB) date seulement de l’année passée.

En matière de croissance des bénéfices, on assiste à un réel changement de cap en matière de révisions bénéficiaires. Pour la première fois depuis des années, les résultats des entreprises chinoises ont atteint un point d’inflexion.

Sur le marché H (actions chinoises listées à Hong Kong), leurs valorisations restent non seulement parmi les plus attractives du monde, mais également inférieures aux moyennes historiques ; ceci est d’autant plus notable que des modifications majeures en matière de répartition sectorielle ont été réalisées ces dernières années et auraient dû impliquer un renchérissement du marché. Ce bon momentum enregistré sur les bénéfices en 2016 s’accompagne de perspectives attrayantes pour 2017 : en moyenne + 15,2 % attendus pour le MSCI China.

Côté « ouverture », la Chine poursuit son avancée avec l’annonce du lancement, avant la fin de cette année, de la plateforme obligataire entre Hong Kong et le marché local, dans la lignée de Shenzhen et Shanghai Hong Kong Connect. Il est également important de noter une volonté farouche des autorités de faire revenir sur le marché local ses géants technologiques, encore listés à New York comme Alibaba ou Baidu. Des pistes pour simplifier la réglementation et alléger les délais d’introduction en Bourse sont en cours de discussion. A noter que les PDG sont loin d’être insensibles à cette idée : Jack MA, PDG d’Alibaba (265 milliards de dollars de capitalisation boursière) a fait part de son souhait d’introduire l’une de ses filiales sur le marché de Hong Kong, si les exigences en matière de réglementation étaient allégées.

Concernant le change, la remontée de l’inflation et la bulle immobilière contraignent la Banque Populaire de Chine (PboC) à devenir plus restrictive. La remontée de l’inflation fait basculer les taux réels en territoire négatif. Pour autant, le RMB est stable sur les six derniers mois, ce qui a contribué à réduire les tensions sur les sorties de réserves de change. La hausse de ces dernières a même surpris en février : c’était la première fois depuis…juin 2016. Néanmoins, ce chiffre est à considérer avec prudence parce qu’enregistré pendant le Nouvel An Chinois, et mérite d’être confirmé avant d’envisager une stabilisation réelle de la situation.

En matière de commerce international, le bras de fer entre la Chine et les États-Unis se poursuit mais le Président chinois a une vraie carte à jouer avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir outre-Atlantique.

Dès janvier, Xi Jinping a encore assis sa notoriété en se faisant le fervent défenseur de la mondialisation au sommet de Davos, entouré de 80 chefs d’entreprises. Il a également profité du discours d’ouverture, retransmis dans le monde entier, pour envoyer un message très clair face à la montée du protectionnisme dans certains pays développés : une guerre commerciale n’a pas de vainqueurs ! Alors que les États-Unis abandonnent le Partenariat Trans-pacifique (TPP), la Chine relance l’Accord Economique Régional, mis en place par les pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), qui regroupe 16 pays dont le Japon, la Corée du Sud, l’Inde…afin d’étendre son influence. Pour sa première année d’existence, l’Asian Infrastructure Investment Bank remporte un franc succès avec les demandes d’adhésion de 25 nouveaux pays, principalement d’Amérique Latine et d’Afrique.

En conclusion, l’OCDE a récemment revu à la hausse la croissance économique mondiale, dynamisme porté par l’accélération des échanges commerciaux mondiaux, au sein desquels la Chine joue un rôle primordial. Il faut bien garder à l’esprit que la stabilisation de l’économie chinoise reste le soutien majeur pour qu’un nouveau cycle d’expansion mondial émerge. Ce dernier devrait se traduire par la hausse des valeurs cycliques, des secteurs liés aux matières premières, des marchés émergents et tout particulièrement de la Chine.

Eva Balligand , 5 avril

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